SYRIE / ROJAVA – Des médias et comptes pro-Turquie ont lancé une campagne de FAKE NEWS concernant le poste frontalier de Semalka, le seul point de passage permettant l’arrivée de l’aide humanitaire aux Kurdes du Rojava depuis le Kurdistan irakien. Avec leur propagande mensongère, ils veulent justifier l’attaque de Samalka par les gangs de Damas, DAECH et ISIS, étranglant complétement le Rojava.
De nombreux comptes syriens et turcs suivent avec enthousiasme le passage de tout camion se dirigeant de la région du Kurdistan vers les zones kurdes d’Hassaké, affirmant que le chargement est « bâclé » et contient donc forcément des armes. L’idée que ces convois publics transportent des « armes dissimulées ou des militants du PKK » est absurde, mais elle révèle quelque chose de plus profond :
Ces gens semblent perdre tout sens logique dès qu’il s’agit de Kurdes, animés par un sentiment anti-kurde virulent et exacerbé. Autrement, il est facile de comprendre l’absurdité de cette position : ces mêmes personnes vantent sans cesse la force et les capacités de la Turquie, puis, dans la même phrase, prétendent que la Turquie est incapable, ou n’a pas, les moyens de surveiller un point de passage frontalier situé à seulement 2 ou 3 km de sa propre frontière.
Soyons clairs : nous évitons les généralisations hâtives. Mais ce que nous constatons ici, c’est une obsession aveugle, quasi hystérique, pour les Kurdes, au point que même l’aide humanitaire de base est considérée comme illégitime simplement parce qu’elle transite par un corridor entre Kurdes. L’objectif est évident : fabriquer un récit et un prétexte pour exercer des pressions supplémentaires afin de bloquer ou de fermer cet axe.
En réalité, le point de passage de Semalka, bien que non officiellement reconnu comme tel, est depuis des années l’un des plus surveillés d’Irak, et probablement de toute la région. La Turquie le surveille de près grâce à un dispositif de surveillance et de renseignement performant, et sa proximité avec la frontière turque rend l’idée de cargaisons clandestines à grande échelle encore plus absurde.
Il ne s’agit pas de preuves ni de questions de sécurité. Il s’agit de construction narrative et de dénigrer même l’aide humanitaire sous prétexte qu’elle comporte une dimension de solidarité kurde transfrontalière. (Kurdistan Watch)