SYRIE / ROJAVA – Les sources historiques, ainsi que certains écrits et témoignages laissés par des bureaucrates syriens d’origine arabe, ne laissent aucun doute quant au caractère kurde de la ville de Hassaké. En plus de la politique d’arabisation mise en œuvre dans le but de modifier la structure démographique de la région, il convient également de mentionner l’existence d’un nombre important de Kurdes marginalisés et non inscrits dans les registres officiels.
En effet, ces populations ne figurent ni dans les registres des citoyens syriens, ni dans ceux recensant les Kurdes qualifiés d’« étrangers », auxquels la nationalité syrienne a été retirée à la suite du recensement exceptionnel réalisé en 1962 dans la province d’al-Hassaka. Cette situation n’a cessé de s’aggraver, notamment en raison du refus persistant des autorités syriennes d’enregistrer les mariages entre Kurdes détenteurs de la nationalité syrienne et Kurdes qui en ont été privés. Or, dès 1962, plus de 150 000 personnes ont été concernées par cette mesure. Depuis lors, le nombre de Kurdes apatrides, vivant majoritairement à Hassaka, a pu certainement se multiplier par plusieurs fois.
Par Hardy MÈDE
Maître de conférences à l’Institut catholique de Paris (ICP)
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes
Maître de conférences à l’Institut catholique de Paris (ICP)
Chargé de cours à Sciences Po Paris & à l’École polytechnique
Rédacteur en chef de la revue Études kurdes