SUISSE – À Genève, des militants et des Kurdes/alévis rassemblés devant le siège de l’ONU ont dénoncé le massacre des Alaouites en Syrie. Les manifestants ont condamné l’inaction des institutions internationales et exigé des mesures de protection pour les civils alaouites menacés.
Des militants et des représentants d’organisations de la société civile ont manifesté devant le siège des Nations Unies à Genève pour dénoncer la recrudescence des attaques contre les Alaouites en Syrie. L’Alliance des forces démocratiques en Europe (ADGB) avait appelé à cette manifestation vendredi soir.
Les manifestants ont exigé une intervention immédiate de la communauté internationale pour mettre fin aux violences perpétrées contre la population alaouite dans les provinces syriennes de Lattaquié, Tartous, Hama et Homs. Plusieurs représentants d’organisations de migrants affiliées à l’ADGB (Confédération générale syndicale allemande) figuraient parmi les participants.
« Le silence n’est pas la neutralité, c’est la complicité. »
Songül Aslan, coprésidente de la Fédération démocratique alévie (FEDA) en Suisse, a dénoncé l’absence de réaction des institutions internationales. « Depuis des jours, la population alaouite de Syrie est la cible d’attaques visant son identité. Des villages sont incendiés, des populations sont déplacées de force. Et le monde reste les bras croisés. Ce silence n’est pas de l’innocence, c’est de la complicité », a déclaré Mme Aslan lors du rassemblement place des Nations.
Indices d’implication de groupes djihadistes
La FEDA attribue ces attaques à des groupes liés à la milice islamiste HTS (Hayat Tahrir al-Sham), dont est issu le gouvernement de transition de Damas, ainsi qu’à des branches dissidentes de l’organisation État islamique (EI). Selon une déclaration conjointe de plusieurs organisations, ces groupes bénéficient du soutien de forces extérieures, ce qui contribue à l’escalade du conflit.
« Tant qu’un système démocratique traitant tous les groupes ethniques et religieux de manière égale n’émergera pas en Syrie, la violence continuera », peut-on lire dans la déclaration, signée notamment par la FEDA, l’Association des femmes alévies démocratiques (DAKB), le Conseil démocratique kurde en Suisse (CDK-S) et la Fédération des travailleurs immigrés en Suisse (IGIF).
Un appel aux institutions internationales
Les organisations participantes ont appelé les Nations Unies, les organisations internationales de défense des droits humains et les États démocratiques à condamner ces attaques et à prendre des mesures concrètes pour protéger les populations touchées. Leur déclaration affirmait : « Ce silence n’est pas neutre. Ceux qui ne réagissent pas se rendent complices. » (ANF)