KURDISTAN – Dans un communiqué publié au lendemain de l’annonce du cessez-le-feu, l’Alliance des partis politiques du Kurdistan occupé par l’Iran (regroupant notamment le PDKI, le PJAK, le PAK, Komala et Khabat) attribue la responsabilité pleine et entière du déclenchement de la guerre au régime iranien. Selon elle, ce conflit n’est pas le fruit d’une agression extérieure soudaine, mais la conséquence logique et prévisible de décennies de politiques déstabilisatrices menées par la République islamique : poursuite effrénée d’un programme nucléaire militaire, développement massif de missiles balistiques, ingérences armées dans plusieurs pays de la région (Syrie, Irak, Liban, Yémen via ses proxies), et répression brutale des peuples non persans à l’intérieur de ses frontières.
L’Alliance reconnaît que Téhéran n’a accepté ce cessez-le-feu que sous la forte pression d’un ultimatum américain et des frappes militaires israélo-américaines qui ont considérablement affaibli ses capacités. Elle salue néanmoins toute mesure qui met fin aux bombardements et au bain de sang, car la paix, même temporaire, épargne des vies civiles et permet de respirer dans une région exsangue.
Cependant, ce salut reste prudent et conditionnel. L’Alliance met en garde avec fermeté contre le risque majeur que représente ce cessez-le-feu : laisser le régime des mollahs se regrouper, reconstituer ses forces, et reprendre ses ambitions nucléaires et hégémoniques. Un cessez-le-feu technique, sans garanties concrètes, ne serait selon elle qu’une « pause tactique » dont le régime sortirait renforcé, prêt à relancer ses provocations une fois ses capacités restaurées.
C’est pourquoi l’Alliance insiste sur ce qu’elle considère comme les conditions minimales d’un cessez-le-feu véritablement significatif :
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Le démantèlement complet et vérifiable des programmes nucléaires et balistiques de l’Iran ;
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La fin immédiate et définitive de toutes les ingérences régionales et du soutien aux groupes terroristes et milices proxies ;
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Le respect des droits humains fondamentaux pour l’ensemble de la population iranienne, et en particulier la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple kurde (Rojhelat / Kurdistan oriental).
L’Alliance réaffirme avec force que le régime islamique est structurellement irréformable. Des décennies d’expérience ont démontré que toute tentative de réforme interne a toujours échoué ou été récupérée pour consolider le pouvoir des Gardiens de la Révolution et du Guide suprême. Le problème n’est pas tel ou tel dirigeant, mais le système théocratique et centralisateur lui-même.
Enfin, l’Alliance tient à clarifier son positionnement stratégique : la lutte du peuple kurde pour ses droits nationaux, politiques et culturels ne dépend pas du sort de ce cessez-le-feu ni des négociations internationales. Que la guerre s’arrête ou reprenne, que des pourparlers aboutissent ou non, le mouvement kurde iranien poursuivra son combat de manière autonome et déterminée. Il ne sera ni instrumentalisé ni sacrifié sur l’autel d’un accord qui ignorerait les aspirations légitimes des Kurdes et des autres nations opprimées d’Iran.