IRAK / KURDISTAN — L’Iran et ses proxies, avec la complicité des autorités irakiennes, continuent de cibler les Kurdes d’Irak. Pendant ce temps, le président américain, visiblement désorienté par son envoyé spécial qui défend ouvertement les intérêts turcs, multiplie les déclarations contradictoires, au grand dam d’une partie de son propre camp.
Un couple a tragiquement trouvé la mort mardi matin lorsqu’un drone a frappé leur maison à la périphérie du district de Baherka, au nord-ouest d’Erbil, ont indiqué des responsables locaux à Rudaw. Les autorités ont qualifié les dernières 24 heures de parmi les plus difficiles qu’ait connues la région du Kurdistan, après une vague d’une vingtaine d’attaques.
Le gouverneur d’Erbil, Omed Xoshnaw, a déclaré à Rudaw qu’« un drone a directement frappé une maison civile » dans le village de Zargazawi, situé à la périphérie nord-est de Baherka, « entraînant la mort de Moussa Zrarai et de son épouse ». M. Xoshnaw a ajouté que trois drones avaient ciblé la même zone. Deux sont tombés en terrain découvert, tandis que le troisième a touché la maison du couple.
Zargazawi est un village agricole rural sans présence militaire connue. L’incident a suscité l’inquiétude parmi les responsables et les habitants. Le gouverneur a qualifié les dernières 24 heures de « parmi les plus difficiles » pour la région du Kurdistan, évoquant « de nombreux lancements de drones et de missiles », notamment en direction d’Erbil.
Selon les données de suivi de Rudaw, la région a été la cible de 21 drones en seulement 24 heures : 17 visaient Erbil et le district de Koya, au sud-est, tandis que quatre autres visaient la province de Souleimaniye, à l’est. Plus tôt lundi, sept attaques ont frappé Erbil et Koya en l’espace de deux heures, selon une source sécuritaire provinciale ayant requis l’anonymat.
« Entre 15 h et 17 h, sept attaques ont eu lieu », a déclaré la source, précisant que cinq visaient la ville d’Erbil et deux Koya. Les systèmes de défense aérienne ont intercepté avec succès les projectiles. « Cinq drones et missiles ont été utilisés lors de ces attaques, mais ont été interceptés en vol et n’ont causé aucun dégât », a ajouté la source.
Ces attaques s’inscrivent, selon les informations disponibles, dans le cadre de la riposte iranienne à la campagne militaire conjointe américano-israélienne lancée contre Téhéran fin février. Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué mardi que ses forces avaient frappé plus de 13 000 cibles à travers l’Iran depuis le début de la campagne, dans le but de « démanteler l’appareil sécuritaire du régime iranien ».
Parallèlement, des groupes armés irakiens clandestins opérant sous la bannière de la Résistance islamique en Irak (RII) ont revendiqué la responsabilité de la plupart des attaques de drones et de missiles contre la région du Kurdistan. Plusieurs de ces frappes ont touché des zones résidentielles et des infrastructures civiles.
Depuis fin février, le système de surveillance Rudaw recense 678 attaques de drones et de missiles dans la région du Kurdistan. Parmi celles-ci, 540 visaient la province d’Erbil, 111 ont frappé Souleimaniye, 25 Douhouk et deux Halabja. Avant l’incident de mardi, les attaques avaient fait 14 morts et 93 blessés, parmi lesquels des peshmergas, des membres de l’Asayish, des combattants de groupes d’opposition kurdes iraniens, un soldat français et plusieurs civils. Avec ces nouveaux décès, le bilan devrait encore s’alourdir.