KURDISTAN – Donald Trump menace une fois de plus les Kurdes, les accusant d’avoir détourné des armes américaines destinées aux opposants iraniens. Cette affirmation, répétée récemment, reste totalement infondée.
Au moment même où ces accusations sont proférées, l’Iran intensifie ses frappes de drones contre des zones kurdes en Irak du Sud, visant notamment des positions de partis kurdes iraniens et des infrastructures civiles. Des attaques quasi quotidiennes frappent le Kurdistan irakien, dans un silence assourdissant du gouvernement de Bagdad.
Pourquoi Trump ne s’en prend-il pas à la Turquie, ni à ses propres représentants dans la région comme Tom Barrack ? Ce sont pourtant eux qui l’ont poussé dans son escalade contre l’Iran et qui lui transmettent des rapports souvent biaisés, alignés sur les intérêts d’Ankara.
Les principaux partis et forces kurdes, tant en Irak qu’en Syrie, ont formellement démenti ces allégations. Ils affirment n’avoir reçu aucune arme ni aucun soutien matériel des États-Unis dans ce cadre.
Cette nouvelle charge s’inscrit dans une longue série de trahisons. Le cas le plus emblématique reste l’abandon des Kurdes du Rojava en Syrie. Leur seul « crime » était de vouloir vivre dignement sur leurs propres terres, en construisant une société autonome, démocratique et multiculturelle après avoir été en première ligne contre Daech. Les États-Unis, sous l’impulsion de leurs émissaires au Moyen-Orient, les ont jetés en pâture aux djihadistes de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS) et aux forces turques. Avec le soutien tacite de la Grande-Bretagne et de certains pays arabes, cette trahison a permis le démantèlement progressif de l’autonomie kurde : attaques sur les quartiers kurdes d’Alep, offensive sur Raqqa et Deir ez-Zor, et intégration forcée sous pression.
Aujourd’hui, les Kurdes du Rojava paient le prix fort de cet abandon stratégique.
Les Kurdes d’Irak et d’Iran connaîtront-ils le même sort ? Alors que des drones iraniens pilonnent déjà leurs positions et leurs camps en Irak, et que la Turquie continue sa politique d’hostilité systématique, la question se pose avec urgence. Les Kurdes, une fois de plus, risquent d’être sacrifiés sur l’autel des intérêts géopolitiques américains, turcs et iraniens.
Si Trump veut vraiment connaître la vérité sur ces armes et sur la stabilité de la région, il devrait d’abord enquêter sur ses propres intermédiaires — ces acteurs aux intérêts financiers opaques comme Tom Barrack — et sur les pays pour lesquels ils œuvrent en priorité, plutôt que de charger encore une fois les Kurdes, qui continuent de payer le prix du sang pour leur simple aspiration à la dignité et à la liberté.