TURQUIE / KURDISTAN – La région kurde de Nordiz, située dans le district de Gürpınar à Van, est réputée pour sa riche biodiversité, ses vastes pâturages fertiles et sa grande variété d’herbes sauvages. Longtemps considérée comme l’un des hauts lieux de l’élevage dans la région, elle abrite un écosystème unique, vital pour les chèvres de montagne, les mouflons de Nordiz et le bassin du lac de Van, tout en constituant un habitat essentiel pour le mulet perlier.
Cependant, depuis quatre ans, les activités d’exploration et d’exploitation minières menées dans la zone, notamment par le groupe Vefa dans le hameau de Derbedanis près du village de Şamanis, causent des dommages environnementaux irréversibles.
Pollution de l’eau et souffrance des villageois
Les opérations minières ont gravement pollué les principales sources d’eau du village. La présence de polymères et de substances magnétiques rend l’eau impropre à la consommation humaine et animale. Privés de leur ressource vitale, les habitants, dont la vie dépend presque entièrement de l’élevage, sont contraints de parcourir chaque jour près de 15 kilomètres jusqu’au plateau de Nebirnav pour abreuver leurs troupeaux.
Animaux en voie de disparition
Chaque année, des centaines d’animaux meurent à cause de cette eau contaminée. L’assèchement des pâturages et la perturbation du cycle naturel menacent aujourd’hui l’élevage d’extinction dans la région. Au-delà de la catastrophe économique, c’est tout un mode de vie ancestral, transmis de génération en génération, qui est en train de disparaître.
La biodiversité locale est également gravement atteinte : les chèvres de montagne et les mouflons nordiques, espèces déjà menacées, voient leur habitat détruit, tandis que les zones de reproduction du mulet perlier, espèce clé du lac de Van, sont directement impactées.
Les villageois se mobilisent
Face à cette destruction systématique, les habitants de Nordiz ont engagé des poursuites judiciaires pour exiger l’arrêt immédiat des activités minières. Ils dénoncent la disparition progressive de leurs terres, de leurs moyens de subsistance et de leur environnement.
Si rien n’est fait, la région de Nordiz, autrefois symbole de richesse naturelle et pastorale, risque d’être définitivement ravagée, au profit d’intérêts miniers au détriment des populations locales et de la biodiversité.