IRAN – Le régime iranien a exécuté aujourd’hui les manifestants Mohammad Amin Biglari et Shahin Vahedparast, signale l’ONG kurde Hengaw. Depuis le début de la guerre opposant les USA et Israël à l’Iran, le régime iranien a exécuté 13 prisonniers politiques, tandis que des centaines d’autres risquent de connaitre le même sort tragique.
Les autorités iraniennes ont procédé, à l’aube du dimanche 5 avril 2026, à l’exécution secrète de deux jeunes prisonniers politiques, Mohammadamin Biglari et Shahin Vahedparast Kalour, à la prison de Ghezel Hesar à Karaj. Ces exécutions interviennent dans un contexte de répression accrue, alors que l’Iran est engagé dans un conflit régional avec Israël les Etats-Unis.
Selon l’ONG Hengaw, spécialisée dans la défense des droits humains en Iran, ces deux hommes faisaient partie d’un groupe de sept personnes arrêtées le 8 janvier 2026 lors de la répression des manifestations à Téhéran, près de la base Basij n° 185 Namjoo.
Mohammadamin Biglari, étudiant en informatique âgé de seulement 19 ans, et Shahin Vahedparast Kalour, 30 ans, ont été jugés un mois à peine après leur arrestation par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati. Ils ont été condamnés à mort pour « inimitié envers Dieu » (moharebeh), « corruption sur terre », incendie criminel d’installations publiques et « collusion contre la sécurité nationale ».
Un troisième accusé dans la même affaire, Amirhossein Hatami (19 ans), avait déjà été exécuté secrètement dans la même prison le 2 avril 2026.
Les exécutions se sont déroulées sans que les familles puissent rendre une dernière visite aux condamnés. Selon Hengaw, au moins 13 prisonniers politiques, dont six arrêtés lors des manifestations de janvier, ont été exécutés en Iran depuis le début de la guerre récente.
Violations graves des droits humains
La rapidité du procès (un mois seulement entre l’arrestation et la condamnation), le refus d’accès au dossier pour les avocats choisis par la famille, et le recours à des aveux dont la véracité est fortement contestée, constituent de graves violations du droit à un procès équitable.
L’avocat Hassan Aghakhani, qui s’était constitué avec un confrère pour défendre Mohammadamin Biglari, s’est vu refuser l’accès au dossier. Un avocat commis d’office avait affirmé à la famille que le jeune homme avait « avoué », sans qu’un aucun détail ne soit communiqué.
Ces exécutions secrètes et précipitées, menées sans transparence et sans garanties minimales de défense, s’apparentent à une privation arbitraire de la vie et violent le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par l’Iran.
Un jeune homme qui cumulait deux emplois
Mohammadamin Biglari cumulait deux emplois pour subvenir à ses besoins. Son père, malgré une santé fragile, avait initialement cherché son fils parmi les corps des manifestants tués à Kahrizak. Ce n’est que trois semaines plus tard, grâce à des prisonniers libérés de Ghezel Hesar, qu’il a appris son arrestation.
Hengaw condamne fermement ces exécutions précipitées et alerte sur le risque imminent d’exécution pour quatre autres accusés de la même affaire, actuellement détenus à l’isolement.
Ces nouvelles exécutions confirment l’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression politique par les autorités iraniennes, dans un climat de tensions régionales exacerbées.