TURQUIE – İkra Avcı, infirmière kurde travaillant à Kocaeli, a été suspendue de ses fonctions puis licenciée après avoir publié une vidéo d’elle en train de tresser ses cheveux. Ce geste symbolique, partagé sur les réseaux sociaux, était un acte de solidarité avec les femmes kurdes du Rojava victimes d’humiliations et de violences par les gangs djihadistes soutenus par Damas et Ankara.
Dans la culture kurde, la tresse représente la dignité, l’identité et la résistance des femmes. Ce geste collectif est né en réaction à une vidéo odieuse montrant un milicien brandissant la tresse coupée d’une combattante kurde tuée, dans une tentative humiliante de briser l’esprit des femmes kurdes.
Au lieu de protéger l’une de ses citoyennes, l’État turc a choisi de la punir. Après une violente campagne de lynchage sur les réseaux, İkra Avcı a été suspendue, puis définitivement écartée de son poste. Dans une vidéo poignante publiée sur les réseaux sociaux dans laquelle on la voit vider son appartement, elle a déclaré : « Je n’ai plus de maison ! »
Cette affaire révèle une nouvelle fois la répression systématique exercée contre toute expression de solidarité kurde en Turquie. Exprimer son attachement à l’identité kurde et défendre la dignité des femmes kurdes attaquées en Syrie suffit aujourd’hui à perdre son emploi et à être traitée en ennemie.
İkra Avcı n’est pas seulement une infirmière licenciée. Elle est devenue le symbole d’une Turquie qui refuse toujours d’accepter l’existence kurde, même dans ses gestes les plus simples et les plus humains.