SYRIE / ROJAVA – Dans une déclaration à l’agence de presse ANHA, Suleiman Arab, coprésident du bureau des relations publiques du Parti de l’Union démocratique (PYD), a insisté sur la nécessité d’inclure toutes les composantes de la société syrienne dans le futur comité chargé d’élaborer la nouvelle constitution. Il a particulièrement souligné la présence indispensable de représentants kurdes et de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES).

« L’élaboration d’une nouvelle constitution syrienne doit reposer sur un comité représentatif de l’ensemble des Syriens, y compris les représentants de l’Administration autonome », a-t-il déclaré.
Arab a rappelé que la déclaration constitutionnelle promulguée après la chute du régime baasiste reste temporaire et largement insuffisante. Selon lui, la Syrie traverse actuellement une phase de transition qui doit aboutir à la construction d’un nouvel État plus inclusif. Il a critiqué le texte actuel et appelé à sa révision approfondie.
Reconnaissance constitutionnelle des droits kurdes
Le responsable kurde a insisté sur la reconnaissance constitutionnelle et juridique des droits du peuple kurde et des autres composantes ethniques et religieuses de Syrie. Il a ajouté que les institutions et les acquis réalisés dans la région du Nord-Est doivent être protégés et intégrés dans la future constitution.
« Il est essentiel que le peuple kurde et toutes ses composantes bénéficient d’une reconnaissance pleine dans la nouvelle constitution syrienne. De même, les acquis et les institutions de la région doivent être reconnus constitutionnellement », a-t-il affirmé.
Suleiman Arab s’est appuyé sur l’accord du 29 janvier conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien intérimaire, qu’il considère comme une base solide pour avancer vers cette reconnaissance. Cependant, il a rappelé que cet accord impose la formation d’un comité incluant des représentants kurdes et de l’Administration autonome.
Langue kurde et héritage historique
Il a particulièrement insisté sur la reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle de la nouvelle Syrie, au même titre que l’arabe. « La langue kurde est une langue autochtone. Elle doit devenir une langue officielle et être utilisée comme langue d’enseignement dans les écoles, universités et instituts », a-t-il déclaré.
Arab a qualifié le décret n° 13 sur les droits des Kurdes, promulgué par le chef du gouvernement intérimaire, de « pas positif, mais très insuffisant ». Selon lui, de nombreuses dispositions de ce décret doivent être consolidées et inscrites de manière permanente dans la constitution.
Il a également exigé que les politiques discriminatoires du passé, telles que la « ceinture arabe », ainsi que les violations des droits du peuple kurde, soient officiellement reconnues et réparées par la loi et la nouvelle constitution.
Appel à l’unité kurde et à la mobilisation politique
Pour conclure, Suleiman Arab a annoncé que le PYD et d’autres forces politiques kurdes déploieront de grands efforts pour obtenir une reconnaissance pleine et effective des droits kurdes dans la nouvelle Syrie.
« Protéger les droits du peuple kurde exige une lutte large, ciblée et légale. Il est essentiel de construire une vision kurde unifiée afin de présenter collectivement et clairement nos revendications aux autorités de Damas », a-t-il souligné.