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KURDISTAN. Terres agricoles sacrifiés au pétrole et gaz de schiste

TURQUIE / KURDISTANSerhat Eren (député DEM) alerte sur la perte massive de terres agricoles due aux activités d’exploration et d’exploitation de pétrole et de gaz de schiste dans la région kurde. Il s’agit d’un énième écocide commis dans la région kurde par un État colonial à l’appétit insatiable.   

Au cours des cinq dernières années, près de 35 000 hectares de terres agricoles auraient déjà été perdus dans la région, selon le député du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti).

 

Serhat Eren a déposé une motion parlementaire demandant la création d’une commission d’enquête sur les impacts des opérations d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures de schiste dans et autour de la province kurde de Diyarbakır (Amed).

 

Dans cette motion, il exige un examen approfondi des conséquences environnementales, sociales, économiques et sanitaires de ces activités, ainsi que l’identification précise des dommages causés et l’ouverture de poursuites judiciaires contre les responsables.

Plus de 100 000 hectares de terres touchées

 

La motion précise que plus de 100 000 hectares de terres sont touchés au total, dont :

  • environ 60 000 hectares dans le district de Bismil,
  • et 45 000 hectares dans les districts de Çınar et Mazıdağı.

 

Serhat Eren souligne également que les périodes de concession ont été prolongées et que de nouvelles parcelles ont été ouvertes dans les provinces de Batman, Mardin, Şırnak et Siirt. Il estime que près de 350 km² de terres agricoles ont été perdus ces cinq dernières années.

 

Parallèlement à sa motion, le député a adressé des questions écrites aux ministres concernés :

  • Ministère de la Santé
  • Ministère de l’Agriculture et des Forêts
  • Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles
  • Ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique
Il interpelle notamment le ministre de l’Environnement, Murat Kurum, sur plusieurs points critiques :

  • Combien de décisions de dispense d’évaluation d’impact environnemental (EIE) ont été délivrées pour des projets à Diyarbakır et dans ses environs ?
  • Des mesures régulières de la qualité de l’air, de l’eau et des sols sont-elles effectuées dans les zones d’activité, et ces données sont-elles rendues publiques ?
  • Quelles mesures techniques ont été mises en place pour empêcher le rejet de métaux lourds contenus dans les eaux usées issues des opérations dans l’environnement ?
  • Les populations riveraines ont-elles été correctement informées et associées aux processus décisionnels ?
  • Existe-t-il un plan concret de restauration et de réhabilitation des écosystèmes endommagés par ces activités ?