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KURDISTAN. La tombe de Pîremêrd vandalisé le jour de Newroz

KURDISTAN – Le 21 mars 2026, premier jour du Newroz (Nouvel An kurde), la tombe de l’intellectuel et poète kurde Pîremêrd (de son vrai nom Muhammad Qadir Hama Jan, 1867-1950) a été vandalisée à Sulaymaniyah, au Kurdistan irakien.

Pîremêrd est une figure majeure de la littérature et de la culture kurde moderne. Journaliste, éditeur du journal Jîyan (La Vie), poète et nationaliste, il est surtout connu pour avoir écrit les paroles de l’hymne emblématique du Newroz kurde, souvent chanté lors des célébrations :

« Ew roja yekem a sala nû ye, newrûz e, vegeriya ye » (« C’est le premier jour de la nouvelle année, c’est Newroz, il est de retour »).

Ce poème, composé au début du XXe siècle, a été adopté comme chant officiel et symbolique du Newroz kurde, célébrant non seulement le renouveau du printemps mais surtout la résistance, la renaissance nationale et la victoire sur l’oppression (en lien avec le mythe de Kawa le forgeron). Il est entonné massivement lors des feux de joie, des danses collectives et des rassemblements politiques à travers le Kurdistan (Turquie, Irak, Iran, Syrie) et la diaspora.

La profanation de sa tombe, précisément le jour du Newroz, est perçue par beaucoup comme un acte délibéré et symbolique visant à attaquer l’identité kurde et ses figures culturelles. Pîremêrd repose au cimetière de Mala Omer Agha (ou cimetière des intellectuels) à Sulaymaniyah, un lieu chargé de mémoire nationale kurde.

Aucun détail officiel n’a encore été publié sur les auteurs ou les motivations exactes de ce vandalisme (tags, bris de pierre tombale, etc.), mais l’incident survient dans un contexte de tensions persistantes autour des célébrations de Newroz : répressions en Turquie, menaces sécuritaires en Irak (liées aux conflits régionaux Iran-USA-Israël), et instrumentalisation politique de la fête dans différentes parties du Kurdistan.

Cet acte a provoqué une vive indignation sur les réseaux sociaux et parmi les intellectuels kurdes, qui y voient une tentative d’effacer ou de salir la mémoire d’un poète qui a contribué à forger l’imaginaire collectif du Newroz comme symbole de liberté et d’unité kurde.