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IRAK. Attaque de drone contre les services de renseignement irakiens

IRAK / KURDISTAN – Ce samedi 21 mars 2026, vers 10h du matin, un drone a frappé le siège du Service national de renseignement irakien (INS) dans le quartier de Mansour à Bagdad. L’attaque a ciblé spécifiquement un bâtiment de télécommunications lié à ce service, qui collabore étroitement avec les conseillers américains dans le cadre de la coalition anti-djihadiste. Un officier a été tué et des dégâts matériels ont été signalés, selon le porte-parole des services de sécurité irakiens, le général Saad Maan. Aucune revendication n’a encore été publiée, mais le mode opératoire – drone isolé en plein jour – correspond aux attaques répétées menées par les groupes de la « Résistance islamique en Irak », factions chiites pro-iraniennes.

Cette frappe intervient dans un contexte d’escalade régionale qui frappe de plein fouet le Kurdistan irakien depuis plusieurs semaines. Alors que Bagdad est visé pour ses liens avec Washington, le nord du pays – bastion kurde – subit un déluge de drones et de missiles iraniens ou pro-iraniens. Depuis le début du conflit élargi au Moyen-Orient, Erbil et ses environs ont essuyé plus de 200 attaques : bases américaines, aéroport international, positions des peshmergas et surtout camps des groupes d’opposition kurdes iraniens (PDKI, Komala, Parti de la liberté du Kurdistan) implantés en Irak.

Ces derniers jours seulement :

  • Un drone a tué un combattant kurde iranien et blessé plusieurs autres sur une base kurde près d’Erbil.

  • Des missiles balistiques iraniens ont visé des quartiers généraux kurdes, faisant un mort et des blessés.

  • Une base kurdo-française à Mala Qara a été touchée, causant la mort d’un adjudant-chef français et six blessés.

Le Kurdistan irakien paie ainsi un lourd tribut : il héberge à la fois des troupes américaines et des rebelles kurdes iraniens opposés au régime de Téhéran. Pour l’Iran, frapper ces cibles revient à punir à la fois Washington et les Kurdes qui refusent de se taire. Les autorités d’Erbil dénoncent une « guerre par procuration » qui menace la stabilité de la région autonome, tandis que Bagdad peine à protéger ses partenaires kurdes sans s’aliéner totalement Téhéran.

L’attaque de ce matin contre le renseignement irakien n’est donc pas isolée : elle s’inscrit dans la même stratégie d’usure que celle qui pilonne quotidiennement le Kurdistan. Tant que la confrontation américano-iranienne se prolongera, les Kurdes d’Irak resteront une cible privilégiée – collatéraux gênants pour les uns, alliés gênants pour les autres. Le gouvernement régional kurde a appelé à une « protection internationale urgente » avant que l’escalade ne dégénère en conflit ouvert sur son territoire.