IRAK / KURDISTAN – Le régime iranien exhorte les Kurdes de six zones dansement peuplées du Kurdistan irakien à partir avant des opérations imminentes à la veille du nouvel-an kurde Newroz.
Dans un contexte de guerre régionale élargie opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont diffusé un communiqué en langue kurde appelant les habitants de plusieurs zones du Kurdistan irakien à s’éloigner immédiatement de sites qualifiés de « fiefs de groupes séparatistes kurdes iraniens ».

Les localités explicitement visées sont : Jezhnikan, Sordash, la base aérienne de Harir, Koya (Koysinjaq), Pakshar (Degala/Degle) et le district de Khabat. Ces zones abritent des populations civiles importantes ainsi que des infrastructures stratégiques, notamment la base de Harir, déjà ciblée par le passé.
Un ultimatum sous haute tension
Le message en kurde de l’IRGC, relayé via des canaux Telegram affiliés, prévient que des opérations militaires seront lancées « dans les prochaines heures ». Il insiste sur le risque « grave » pour toute personne se trouvant à proximité, sans toutefois préciser de plan de coordination ou de corridors sécurisés pour les civils.
Ce type d’avertissement est perçu par de nombreux observateurs comme une menace voilée. L’absence de mesures concrètes d’évacuation renforce les craintes de frappes indiscriminées, une tragédie déjà documentée lors des précédentes attaques de drones et de missiles menées par Téhéran en 2026.
Une souveraineté bafouée et un risque humanitaire majeur
Ces annonces interviennent après une multiplication des attaques transfrontalières de l’IRGC contre les bases kurdes iraniennes en exil et les positions américaines. Elles soulèvent une nouvelle fois la question du respect de la souveraineté irakienne et du droit international humanitaire.
Les analystes mettent en garde contre une escalade qui pourrait :
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Exacerber les tensions ethniques dans la région.
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Provoquer de nouveaux déplacements forcés de populations kurdes.
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Déstabiliser durablement le nord de l’Irak, déjà fragilisé par le conflit régional.
Les organisations de défense des droits humains appellent à une vigilance accrue pour protéger les civils pris en étau entre les belligérants et dénoncent l’injustice flagrante subie par le peuple kurde, une nouvelle fois cible de puissances régionales.