LAUSANNE – Mercredi, le Conseil communal de Lausanne a franchi une étape symbolique forte en adoptant trois résolutions appelant à la reconnaissance et à la protection de l’Administration autonome du Rojava / Nord et de l’Est de la Syrie dirigée par les Kurdes.
Portées par l’alliance de gauche Ensemble à Gauche (EaG), ces motions ont recueilli une large majorité grâce au soutien conjoint des Verts (qui ont voté à l’unanimité) et d’une partie significative du Parti socialiste (PS). Sevgi Koyuncu, conseillère communale et porte-parole du groupe EaG, a défendu avec conviction ces propositions lors des débats, insistant sur l’urgence de prendre position politiquement face à l’injustice subie dans la région.
Les trois motions adoptées portent sur :
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Le respect du droit international humanitaire et la protection immédiate des populations civiles face aux attaques menées par le Gouvernement fédéral de transition syrien contre le Rojava.
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La reconnaissance politique du statut d’autonomie de la région et la demande d’une protection internationale renforcée.
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Une invite adressée au gouvernement suisse pour qu’il reconnaisse officiellement l’administration autonome du Rojava. Le texte fait explicitement référence au rôle historique de Lausanne comme ville-hôte de grandes conférences diplomatiques internationales.
Ces résolutions interviennent dans un contexte régional tendu, marqué par des menaces militaires persistantes contre le Rojava et une absence de reconnaissance internationale formelle de son administration démocratique.
Un engagement renforcé par la présence kurde au conseil
Cette prise de position n’est pas anodine à Lausanne, où la communauté kurde est particulièrement active. Les élections communales du 8 mars ont permis l’entrée au conseil de deux femmes kurdes : Sevgi Koyuncu (déjà élue auparavant sous l’étiquette POP et très impliquée dans les luttes kurdes) et Tanya Nihal Isik, qui fait son entrée pour la première fois. Leur présence a incontestablement contribué à porter haut et fort la voix de la solidarité avec le Rojava au sein de l’assemblée lausannoise.
Ensemble à Gauche, qui regroupe notamment le Parti ouvrier populaire (POP), SolidaritéS et des indépendant·e·s, se félicite de ce vote qui, bien que symbolique, envoie un signal politique clair depuis une grande ville suisse.
Avec cette décision, Lausanne s’inscrit dans une tradition de municipalités engagées sur les questions internationales et de droits humains, tout en rappelant que la diplomatie locale peut parfois précéder – ou influencer – les positions nationales.