NEW YORK – Pour la première fois, des représentantes kurdes participent activement à la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) des Nations Unies, qui se tient du 9 au 19 mars au siège de l’ONU à New York. Cette présence marque une avancée significative dans la lutte contre l’invisibilité politique des femmes kurdes sur la scène internationale.

Grâce à l’adhésion récente de l’association berlinoise Cênî eV* (Bureau des femmes kurdes pour la paix) au Comité allemand d’ONU Femmes, des militantes kurdes ont pu accéder à cette plateforme majeure dédiée aux droits des femmes et à l’égalité des sexes. Cette adhésion, facilitée notamment par le contexte des attaques du Gouvernement fédéral de transition syrien contre l’administration autonome kurde en janvier 2026, a ouvert la voie à une représentation directe.
La CSW70, axée sur le thème prioritaire « Assurer et renforcer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles », réunit États membres, entités onusiennes et organisations de la société civile. Les représentantes de Cênî eV, présentes via le Comité allemand d’ONU Femmes, profitent de cette tribune pour porter les voix des femmes kurdes et mettre en lumière leurs contributions en tant qu’actrices politiques autonomes, et non uniquement comme victimes de conflits.
Dès le début de la session, des échanges fructueux ont eu lieu avec des délégations internationales, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), la Fondation Rosa Luxemburg à New York, des représentants arméniens, américains, ainsi qu’une délégation de jeunes Allemands. Ces rencontres ont permis d’aborder les défis communs : exclusion structurelle, invisibilité persistante dans les instances internationales et nécessité de reconnaître les femmes kurdes comme porteuses de visions alternatives de justice, de paix et d’organisation sociale.
Un programme d’échange spécifique intitulé « La participation des femmes kurdes à la CSW » est prévu au siège des Nations Unies cette semaine, en complément des sessions officielles et du vaste Forum des ONG parallèle, qui propose des centaines d’événements féministes, de réseautage et de débats sur la justice et la solidarité mondiale.
Cette participation historique souligne un enjeu clé : les femmes kurdes refusent d’être réduites à un rôle passif dans les récits de guerre. Elles affirment leur rôle actif dans la construction de la paix et la promotion de l’égalité, et appellent à une reconnaissance pleine et entière au sein des structures globales.