SYRIE / ROJAVA – Une partie des familles kurdes chassées d’Afrin par la Turquie il y a 8 ans est retournée à Afrin le 10 mars. Sur place, elles ont découvert leurs maisons et leurs biens (dont des oliviers abattus) pillés et détruits.
Le 10 mars, le premier convoi de quelque 400 familles kurdes déplacées depuis 2018 est rentré à Afrin (nord-ouest de la Syrie) depuis la région de Jazira (Hasaka). Originaires surtout des districts de Shia, Janders et Mobata, ces rapatriés bénéficient d’un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien post-Assad, visant le retour sécurisé des déplacés.
Accueillis avec des drapeaux et des chants par les habitants locaux, les retours ont vite tourné à la consternation. De nombreux foyers ont été retrouvés pillés : portes, fenêtres, câblages électriques, canalisations d’eau, meubles et effets personnels ont disparu. Un habitant anonyme de Mobata, cité par l’agence Hawar (ANHA), a témoigné que sa maison était entièrement vidée et que plus de 80 oliviers avaient été abattus sur ses terres.
Ces destructions s’inscrivent dans une longue série de violations documentées depuis l’opération turque « Rameau d’olivier » en 2018 : pillages systématiques, coupes massives d’oliviers (symbole économique et culturel kurde) et changements démographiques forcés par les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA, soutenue par Ankara). Des rapports d’organisations comme Syrians for Truth and Justice (STJ) confirment que ces pratiques ont perduré même après la chute du régime Assad fin 2024.
Malgré les promesses des autorités intérimaires – sécurité et aide aux rapatriés –, les incidents persistent, parfois attribués à des factions ou à des colons partis récemment. Des convois supplémentaires (dont un second prévu le 12 mars pour 200 familles) sont en cours, mais les défis restent immenses : insécurité, infrastructures ravagées et oliveraies abattues.
Ce retour symbolique marque un espoir de réconciliation après huit ans de conflit, mais rappelle cruellement les pertes accumulées et la nécessité d’une justice et d’une reconstruction durable pour les Kurdes d’Afrin.