IRAN / ROJHILAT – Les populations de villes kurdes comme Sanandaj (Sînê) et Marivan, dans le Kurdistan iranien, traversent une période de terreur et de paralysie. Bien que des métropoles comme Téhéran ou Ispahan soient également touchées par d’intenses bombardements, les zones kurdes paient un tribut particulièrement lourd en raison de la densité urbaine et de la localisation des sites militaires et sécuritaires ciblés par les États-Unis et l’Israël.
1. Détournement des infrastructures civiles
Pour se protéger des frappes visant ses centres de commandement, le régime iranien a déserté de nombreuses bases militaires pour investir des bâtiments civils (hôpitaux, centres sportifs, bureaux administratifs). Cette tactique aggrave la détresse des habitants :
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Services de santé dégradés : À Marivan et Sanandaj, des services hospitaliers entiers sont réquisitionnés par l’armée ou le renseignement, entraînant l’expulsion de civils blessés et l’impossibilité de prodiguer des soins d’urgence.
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Justice délocalisée : Les activités judiciaires ont été transférées vers des zones agricoles pour échapper aux frappes.
2. Un bilan humain impossible à chiffrer
Les frappes américano-israéliennes, qui commencent souvent à l’aube, visent les infrastructures des Gardiens de la Révolution, des Bassidj et des services de renseignement. Cependant, l’imbrication de ces sites dans des quartiers résidentiels pauvres et fragiles provoque des pertes civiles massives :
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Les familles sont surprises dans leur sommeil, et les secours sont freinés par les décombres et le manque de structures médicales disponibles.
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À Marivan, des sources locales estiment qu’au moins 30 civils et 50 militaires auraient été tués, mais l’absence d’enregistrement officiel et les disparitions rendent tout bilan définitif illusoire.
3. Une vie quotidienne sous tension
Si les produits de première nécessité restent disponibles, l’inflation galopante rend la nourriture inaccessible aux plus précaires. Un exode partiel s’organise : les familles vivant à proximité des bases militaires fuient vers les villages, tandis que le reste de la population se terre chez elle dans une attente angoissante.