IRAN / ROJHILAT – L’ONG kurde Hengaw dresse un premier bilan alarmant des dix premiers jours du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël : au moins 4 300 personnes ont été tuées, dont 390 civils. Les frappes, qui ont touché 167 villes à travers 24 provinces, ont principalement décimé les forces militaires iraniennes, avec environ 3 910 membres du CGRI et de l’armée tués. L’ONG dénonce une stratégie dangereuse des autorités iraniennes consistant à déplacer leurs troupes vers des zones résidentielles, écoles et mosquées, utilisant ainsi la population comme bouclier humain et multipliant les risques de victimes civiles.
Au moins 4 300 personnes ont été tuées durant les dix premiers jours de la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran, selon des données vérifiées compilées par l’organisation Hengaw pour les droits humains. Parmi les victimes, on compte 390 civils, soit 9,6 % du total des pertes, et 3 910 membres des forces armées iraniennes.
Ces chiffres sont basés sur des documents de terrain et des données collectées depuis le début de la guerre, le samedi 1er mars 2026, et couvrent la période jusqu’au lundi 9 mars, dixième jour du conflit.
Répartition des victimes et étendue géographique des attaques
D’après les données enregistrées par le Centre de statistiques et de documentation de l’organisation, des installations militaires et gouvernementales dans 167 villes réparties dans 24 provinces d’Iran ont été ciblées par des frappes aériennes et de missiles au cours de cette période.
Les sites visés comprenaient des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), des centres Basij, des aéroports militaires, des installations de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des bureaux de renseignement, des garnisons de l’armée et des quartiers généraux des forces spéciales.
Les informations recueillies au cours de ces enquêtes indiquent qu’environ 3 900 militaires du gouvernement iranien ont été tués, la plupart étant affiliés aux Gardiens de la révolution iraniens, à l’armée iranienne et à l’armée de l’air.
Les pertes militaires les plus importantes ont été enregistrées dans les provinces de Téhéran, Kermanshah, Hormozgan, Kurdistan et Sistan-et-Baloutchistan.
Au moins 390 civils ont été tués au cours des dix premiers jours de la guerre.
Le plus grand nombre de victimes civiles a été enregistré dans la province d’Hormozgan. D’après les documents disponibles, une part importante des personnes tuées étaient des écolières de l’école primaire Shajareh Tayyebeh.
Outre Hormozgan, des décès de civils — dont plusieurs enfants et femmes — ont également été recensés dans les provinces de Téhéran, du Kurdistan, de Kermanshah, de Fars, du Khorasan Razavi, de Qazvin, d’Alborz, d’Azerbaïdjan occidental (Urmia) et d’Azerbaïdjan oriental.
D’après les données compilées, au moins 390 civils ont été tués lors de ces attaques, ce qui représente 9,6 % du total des victimes enregistrées au cours des dix premiers jours de la guerre.
De nombreux rapports reçus au cours de cette période indiquent que les forces militaires iraniennes ont abandonné certaines installations militaires et se sont positionnées dans des écoles, des dortoirs scolaires et des mosquées situés dans des zones résidentielles civiles, une pratique qui pourrait augmenter considérablement le risque de victimes civiles.
Ces derniers jours, il a également été rapporté que des habitants du quartier Mosk 2 à Marivan s’étaient rassemblés pour protester et avaient empêché les forces militaires gouvernementales de prendre position à l’intérieur d’une salle de sport.
De lourdes pertes parmi les forces gouvernementales iraniennes au Kurdistan et un manque de transparence
Durant les dix premiers jours du conflit, les avions de chasse israéliens et américains ont mené des frappes massives contre des cibles militaires et gouvernementales. Dans 32 villes des provinces d’Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental (Urmia), au moins 180 bases militaires et centres de sécurité appartenant à la République islamique d’Iran ont été visés.
Les enquêtes indiquent qu’au moins 900 membres des forces militaires et de sécurité du gouvernement iranien ont été tués dans ces quatre provinces au cours des dix premiers jours de la guerre.
Dans le même temps, au moins 50 civils ont été tués lors de ces attaques, les chiffres les plus élevés ayant été enregistrés dans les villes d’Urmia, Sanandaj, Divandarreh, Naqadeh, Bukan et Kermanshah.
Des études antérieures indiquent également que les institutions de sécurité se sont abstenues de publier des chiffres précis sur les pertes militaires, en particulier dans les villes kurdes, et que, dans les rares cas où des chiffres ont été annoncés, les nombres rapportés sont nettement inférieurs au bilan réel.
L’organisation Hengaw pour les droits humains souligne l’urgence de la transparence dans l’identification des victimes et de la protection des civils lors des conflits armés, conformément aux conventions internationales.
L’organisation appelle une fois de plus les instances internationales à surveiller de près les pertes civiles et, compte tenu de la politique de dissimulation de la République islamique, à obliger fermement toutes les parties impliquées dans le conflit à protéger les vies civiles.