SYRIE / ROJAVA – Depuis le 20 janvier 2026, la ville kurde de Kobanê subit un siège sévère imposé par des factions armées affiliées à la Turquie et à Damas. Malgré l’accord conclu le 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien, le blocus persiste, privant la population d’eau potable, de nourriture, de médicaments et d’éducation.
Ahmad Mahmoud, coprésident de l’Autorité sanitaire de la ville, a détaillé pour l’agence ANHA l’ampleur de la catastrophe humanitaire en cours après cinquante jours de siège.
Un système de santé sous pression extrême
L’afflux massif de réfugiés en provenance des villages environnants a saturé les infrastructures médicales urbaines. L’hôpital de Kobanê reçoit désormais environ 800 patients par jour. Parallèlement, les centres de santé de Jableh, Karak, Sirrin et Al-Qadriya sont totalement hors service après avoir été pillés par les factions pro-turques.
Pénurie critique de médicaments vitaux
Le manque de fournitures médicales met en péril la vie des patients souffrant de pathologies chroniques :
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Maladies chroniques : Les médicaments pour le diabète, l’hypertension, le cœur et le cancer sont devenus introuvables. Le centre de traitement du diabète est d’ailleurs fermé.
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Épidémies : Les stocks pour traiter la leishmaniose (disponibles uniquement à l’hôpital de Mishtenur) sont presque épuisés face à l’augmentation des cas.
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Chirurgie : La rareté des produits anesthésiants menace de provoquer l’arrêt total des interventions chirurgicales.
Infrastructures et équipements en panne
L’électricité étant coupée depuis le début du blocus, les structures médicales dépendent de générateurs fonctionnant en continu. Cette situation a entraîné des pannes massives :
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De nombreux appareils de radiologie sont hors service.
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Sur les quatre appareils de dialyse de la ville, un seul reste opérationnel en raison des instabilités électriques.
L’urgence des vaccins pour enfants
Le stock de vaccins infantiles diminue dangereusement. Ahmad Mahmoud rappelle que ces vaccins, fournis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), transitent par le gouvernement intérimaire syrien. Il exige que la part destinée à Kobanê soit acheminée sans délai.
Appel à la levée immédiate du blocus
Bien que le gouvernement intérimaire nie l’existence de ce siège, Ahmad Mahmoud souligne que la fermeture des routes et l’absence totale d’approvisionnement constituent une réalité indéniable.
« Si la situation perdure, nous serons confrontés à une véritable catastrophe. Nous appelons les organisations de défense des droits humains à faire pression pour la réouverture urgente des routes vers Kobanê. »