SUISSE – Le poète kurde originaire du Rojava, Ehmed Huseynî vient de décéder en Suisse où il était soigné pour un cancer.
Huseynî est né à Amûdê en 1955 et y a effectué sa scolarité primaire. Il est ensuite parti étudier la philosophie à l’université de Damas. Cependant, le régime syrien lui a interdit de faire valoir son diplôme.
Ehmed Huseynî a été contraint de s’exiler en Suisse en 1989. Tout au long de sa vie, il a travaillé dans les domaines de la poésie et de la littérature et a également animé des émissions sur ROJ TV.
Le Mouvement européen de la culture et des arts (TEV-ÇAND) a rendu hommage au poète Ehmed Huseynî dans un communiqué.
TEV-ÇAND a écrit : « C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre grand intellectuel et poète, Ehmed Huseynî. Figure pionnière de la poésie kurde libre et moderne, Huseynî a joué un rôle de trait d’union entre les générations. Son style unique lui permettait de créer non seulement des phrases, mais presque des mots. C’est pourquoi on le surnommait le « cheikh des mots ». Il offrait à ses lecteurs des émotions et des mots d’une grande profondeur philosophique.
Fort du succès de la révolution du Rojava, il retourna au Rojava, réalisant ainsi son rêve et ses convictions, affirmant : « Aimer sa terre, c’est s’accomplir pleinement en l’enlaçant. » Parallèlement à de nombreuses œuvres littéraires et à des activités culturelles patriotiques, il devint l’un des pionniers et fondateurs de l’Union des intellectuels du Rojava Kurdistan (Hevgirtina Rewşenbîrên Rojavayê Kurdistanê). Son retour au Rojava permit également à l’Union de rétablir son siège dans cette région.
Ehmed Huseynî aimait sa terre natale plus que tout. C’est pourquoi il a décidé de retourner au Rojava. Grâce à sa modestie, sa grande amitié et sa maturité intellectuelle, il a su tisser des liens d’amitié avec toutes les générations et conquérir le cœur de chacun. Ces deux dernières années, il a lutté contre la maladie, mais aussi longtemps que ses forces le lui ont permis.
En tant que Mouvement démocratique pour la culture et les arts, nous sommes profondément reconnaissants envers Ehmed Husseinî pour son amour de la patrie et de la liberté. Il était un compagnon d’art et de culture, un fervent défenseur de la lutte et de la résistance, et dévoué à son pays. Nous présentons nos condoléances à son peuple et à tous ceux qui l’aimaient. » (ANF)