PARIS — À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le mouvement des femmes kurdes a pris une place centrale dans la manifestation parisienne, reliant les revendications sociales hexagonales aux luttes de libération au Moyen-Orient.

Le Rojhilat en tête de cortège
Le défilé a été marqué par la présence massive des femmes originaires du Kurdistan d’Iran (Rojhilat), terre natale de Jina Mahsa Amini. En tête du cortège du Mouvement des femmes kurdes, elles ont défilé derrière une banderole affirmant une position politique claire :
« Rojhelat, le bastion de la révolution Femmes, Vie, Liberté »
Ce message fort rappelle que les soulèvements nés au Rojhilat ne sont pas de simples protestations, mais le socle d’une transformation philosophique et sociale mondiale.
Une chorégraphie contre l’obscurantisme
Le défilé a été rythmé par des chants de résistance et une performance artistique majeure. Les femmes kurdes ont réalisé une chorégraphie dénonçant l’obscurantisme djihadiste et les politiques militaires de Damas et de Turquie. Elles portaient des tissus (burqa) couvrant tout leurs corps dont elles s’en débarrassent à la fin et tressent leurs cheveux en criant « Jin, jiyan, Azadî ! »

En guise de conclusion symbolique, les participantes ont tressé leurs cheveux en public. Ce geste visait à honorer la mémoire des femmes kurdes assassinées par des gangs affiliés au régime syrien et à dénoncer l’injustice des massacres perpétrés à Alep, Raqqa et Kobanê depuis le début de l’année 2026.

Solidarité et revendications
Aux côtés des organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires) et féministes, le cortège kurde, arborant les drapeaux des Unités de défense des femmes (YPJ) et les portraits des militantes assassinées à Paris et celle de Pakhshan Azizi condamnée à mort en Iran.

La mobilisation a dénoncé l’injustice d’un système précarisant les femmes et maintenant un écart salarial de 20 %, tout en alertant sur la menace conjointe de l’extrême droite européenne et des politiques militaristes au Moyen-Orient.
La marche, qui a rassemblé près de 70 000 personnes de Stalingrad à la place de la République, s’est achevée par des chants de résistance, réaffirmant que la lutte des femmes kurdes est indissociable du combat féministe universel.


