COLONIALISME. Le Kurdistan n’est pas un simple champ de bataille, c’est une nation colonisée. Depuis les accords secrets Sykes-Picot en 1916 et la trahison du traité de Lausanne en 1923, le peuple kurde est sacrifié sur l’autel des intérêts impérialistes. Aujourd’hui, alors que l’Iran, les USA et Israël règlent leurs comptes sur le sol kurde, la décolonisation de ce territoire divisé n’est plus seulement une question de justice : c’est l’unique clé d’une stabilité durable pour tout le Moyen-Orient. Un Kurdistan souverain est le seul rempart capable de briser un siècle de génocides et de guerres par procuration.
La guerre qui oppose actuellement l’Iran, les États-Unis et Israël sur le sol kurde démontre une vérité brutale : le Kurdistan ne pourra sortir de son statut de victime collatérale que par une décolonisation totale. Ce territoire, divisé et partagé entre des puissances impériales, est aujourd’hui utilisé comme un ring où les empires règlent leurs comptes. Décoloniser le Kurdistan, c’est mettre fin à cette exploitation géographique qui transforme chaque ville kurde en cible de substitution dès qu’une tension éclate entre Téhéran, Washington ou Tel-Aviv.
L’origine du crime : Sykes-Picot et la trahison de Lausanne
Cette tragédie n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’un dépeçage méthodique planifié il y a plus d’un siècle. Tout commence avec les accords secrets Sykes-Picot en 1916, où la France et le Royaume-Uni, dans le plus pur style impérialiste, ont dessiné des lignes arbitraires sur une carte pour se partager les dépouilles de l’Empire ottoman. Ces tracés, réalisés sans aucune considération pour les peuples locaux, ont ignoré l’existence même de la nation kurde.
Bien que le Traité de Sèvres (1920) ait brièvement laissé entrevoir une indépendance, c’est le Traité de Lausanne en 1923 qui a scellé la trahison. En cédant aux exigences de la nouvelle République turque et en préservant les intérêts coloniaux franco-britanniques, les puissances mondiales ont écartelé le Kurdistan entre quatre États : la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Ce partage criminel a transformé une nation millénaire en une mosaïque de minorités opprimées au sein de leurs propres terres, créant une plaie ouverte qui saigne encore aujourd’hui.
Le prix du partage : une litanie de génocides
Ce carcan colonial a engendré un siècle de massacres systématiques visant à briser toute velléité d’existence kurde. En privant les Kurdes d’un État, les puissances impériales ont offert un permis d’exterminer aux régimes occupants :
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En Turquie : Les massacres de Zilan (1930) et de Dersim (1937-1938) ont marqué le début d’une politique de négation identitaire sanglante.
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En Irak : L’opération Anfal (1988) a coûté la vie à près de 182 000 civils, culminant avec l’attaque chimique d’Halabja.
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En Iran : Depuis 1979, une répression féroce frappe le Rojhelat, illustrée par des exécutions de masse et des bombardements qui se poursuivent encore aujourd’hui.
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Le génocide des Yézidis (2014) : L’abandon du Sinjar a permis à Daech de perpétrer un génocide, rappelant que sans souveraineté, le peuple kurde reste exposé à l’extermination.
La résistance actuelle : Moteur de la décolonisation
Face à cette oppression séculaire, la résistance kurde n’est plus seulement une force d’autodéfense, mais le moteur d’une alternative politique pour tout le Moyen-Orient. En 2026, cette résistance s’articule sur plusieurs fronts :
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Une force de stabilisation : Au Rojava comme au Bashur, les forces kurdes sont les seules à maintenir une stabilité relative face à l’effondrement des États centraux.
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L’avant-garde de la démocratie : Du soulèvement « Jin, jiyan, azadî (Femme, Vie, Liberté) » au Rojhelat aux modèles d’administration autonome, la résistance kurde porte un projet de société décentralisé et féministe.
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Une opportunité de changement : Les groupes kurdes d’Iran voient dans les crises actuelles une fenêtre historique pour renverser la tyrannie et transformer le chaos impérialiste en libération nationale.
L’État kurde : Le pilier de stabilité du Moyen-Orient
L’émergence d’un État kurde souverain et unifié ne serait pas un facteur de désordre, mais au contraire le pilier de stabilité qui manque au Moyen-Orient. Un Kurdistan indépendant agirait comme une force d’équilibre capable de neutraliser les guerres par procuration en contrôlant ses propres frontières, d’offrir un modèle de pluralisme démocratique face aux dictatures voisines, et de sécuriser les ressources régionales loin des chantages impériaux.
La survie du Moyen-Orient dépend de la fin de ce partage colonial hérité de Sykes-Picot et de Lausanne. La création d’un État kurde est la seule réponse structurelle capable de briser l’ambition des empires et de restaurer une paix durable.