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IRAN. Civils transformés en boucliers humains ?

IRAN / ROJHILAT – Des centres militaires et de sécurité iraniens ont été déplacés dans des zones civiles, mettant ainsi la population en danger, alerte le site kurde Rojhilat Info.

Dans le contexte de l’escalade militaire actuelle opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, de nouvelles informations en provenance du Rojhelat (Kurdistan iranien, ou Kurdistan oriental) et d’autres régions du pays font état d’un déplacement massif de forces et d’infrastructures militaires vers des zones densément peuplées.Selon des sources locales relayées par des médias kurdes comme Rojhilat Info, Hengaw et l’agence ANF, ainsi que des témoignages circulant sur les réseaux sociaux et rapportés par des organisations de défense des droits humains, les Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran/IRGC) et les forces Basij auraient transféré des troupes, du matériel militaire et parfois des centres de commandement vers des sites civils.

Parmi les lieux concernés figurent : des écoles (y compris des établissements primaires), des mosquées, des universités, des stades, certains bâtiments gouvernementaux non militaires.

Dans plusieurs villes frontalières du Rojhelat comme Sardasht, Piranshahr, Oshnavieh, mais aussi dans des centres urbains plus larges (Téhéran, Shiraz, Rasht, Ardébil), des vidéos et photos montrent des véhicules militaires, des motos, des membres des forces de sécurité et même des réunions officielles installés à l’intérieur d’écoles ou de mosquées. Le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants iraniens avait déjà alerté, juste avant le début des frappes, sur la présence d’équipements militaires dans des établissements scolaires, qualifiant ces lieux de « boucliers mortels ».

On redoutes des conséquences humanitaires désastreuses 

Les analystes en sécurité et les observateurs internationaux soulignent que cette tactique, bien que visant potentiellement à protéger les installations militaires contre des frappes aériennes de précision, expose directement les populations civiles à un risque extrême. En plaçant des cibles militaires au cœur de quartiers résidentiels, d’établissements éducatifs ou religieux, le régime iranien augmente considérablement la probabilité de dommages collatéraux massifs en cas de nouvelles attaques.Cette pratique rappelle les accusations récurrentes portées contre les proxies iraniens (Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, milices en Irak et Syrie, Hamas à Gaza), régulièrement accusés d’utiliser des civils comme boucliers humains. Si elle est confirmée à grande échelle en Iran même, elle pourrait constituer une violation du droit international humanitaire, en particulier des principes de distinction et de proportionnalité (Protocole additionnel I aux Conventions de Genève).Dans certaines zones, des évacuations partielles d’habitations voisines ont été signalées, mais sans plan d’évacuation global ni mesures de protection apparentes pour les résidents restants, notamment les enfants scolarisés.

 

Contexte de l’escalade

 

Ces mouvements interviennent alors que les frappes américano-israéliennes visent prioritairement les infrastructures militaires, nucléaires et de commandement de l’IRGC, y compris dans le Rojhelat où de nombreuses bases ont déjà été touchées (Paveh, Mahabad, Sanandaj, Urmia…). Téhéran a riposté par des salves de missiles et drones contre des bases américaines et des sites civils dans plusieurs pays du Golfe, accentuant la crainte d’une spirale incontrôlable.

 

En l’absence de confirmation indépendante exhaustive (les accès aux zones concernées restant très limités), ces informations doivent encore être croisées et vérifiées. Elles soulèvent néanmoins une alarme légitime quant à la sécurité des civils iraniens, kurdes en particulier, pris en étau dans un conflit dont ils ne sont pas responsables.
La communauté internationale, les organisations humanitaires et les mécanismes de monitoring (ONU, FIDH…) appellent à la protection stricte des civils et à des enquêtes sur tout usage potentiel de boucliers humains.