IRAN / ROJHILAT – En six jours d’attaques israélo-américaines ciblant l’Iran, dont les régions kurdes, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie selon les statistiques de l’ONG hengaw.
Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran entre dans son sixième jour, les constatations et la documentation de terrain de l’organisation de défense des droits humains Hengaw se poursuivent, et selon les statistiques confirmées par Hengaw, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie jusqu’à présent.
Répartition des victimes et étendue géographique des attaques
D’après les statistiques de l’ONG Hengaw, entre le 28 février et aujourd’hui (4 mars), des centres militaires et gouvernementaux ont été la cible d’attaques aériennes et de missiles dans 163 villes réparties dans 24 provinces iraniennes. Parmi ces cibles figuraient des bases des Gardiens de la révolution, des centres du Bassidj, des aéroports militaires, des sites de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des sièges de l’agence de renseignement, des casernes et des quartiers généraux d’unités spéciales.
Selon ce rapport, le plus grand nombre de victimes militaires a été enregistré dans les provinces suivantes :
– Province de Téhéran
– Province de Kermanshah (en kurde : Kirmaşan)
– Province du Kurdistan (Sanandaj, en kurde : Sinê )
– Province de l’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah, en kurde: Wurmê)
– Province de l’Azerbaïdjan oriental
– Province du Sistan et Baloutchistan
– Province d’Ispahan
– Province d’Alborz
– Province d’Ilam
Civils
Exprimant sa profonde préoccupation face aux pertes civiles, l’agence onusienne confirme que c’est dans la province d’Hormozgan que l’on déplore le plus grand nombre de victimes civiles. Selon les documents disponibles, une grande partie des victimes étaient des écolières de l’école primaire « Shajre Tayyiba ». Outre Hormozgan, des victimes civiles, dont plusieurs enfants et femmes, ont également été recensées dans les provinces de Téhéran, du Kurdistan, de Kermanshah, du Khorasan Razavi, de Qazvin, d’Alborz, d’Azerbaïdjan occidental (Urumieh) et d’Azerbaïdjan oriental. D’après le rapport, 310 civils ont été tués dans ces attaques à ce jour, soit 13 % du nombre total de victimes.
Et ce, malgré le fait que la République islamique n’ait pas évacué les zones résidentielles proches des institutions militaires et de sécurité et des casernes, malgré les conditions de guerre, et que les habitants tentent de sauver leur vie en évacuant et en se déplaçant vers des endroits relativement sûrs de manière spontanée et décentralisée.
L’Observatoire a également reçu de nombreux rapports indiquant que les forces militaires iraniennes ont quitté leurs sites militaires et se sont installées dans des écoles, des dortoirs scolaires et des mosquées situés dans des zones résidentielles civiles, ce qui pourrait alourdir le bilan des victimes civiles.
Depuis le début de la guerre, les familles des détenus et des prisonniers ignorent tout de leur situation, et les conditions de détention sont jugées dangereuses dans certaines zones. Selon Hengaw, les gardiens ont verrouillé les portes de plusieurs cellules de la prison de Qezl-e Hassar, les empêchant ainsi de se mettre à l’abri en cas d’urgence ou de frappes aériennes.
De plus, un grand nombre de prisonniers, y compris des prisonniers politiques, ont été libérés sous caution sur la base de cette résolution dans les villes de Marivan, Naqdeh, Salmas, Urmia, Sanandaj, Mahabad et Ilam.
Pertes massives des forces gouvernementales au Kurdistan et dissimulation des statistiques
Au cours des six derniers jours, et plus particulièrement lundi, mardi et mercredi, les avions de guerre israéliens et américains ont mené des attaques plus intenses contre des sites militaires et gouvernementaux, et au moins 109 bases militaires et centres de sécurité de la République islamique d’Iran ont été ciblés dans 30 villes des provinces d’Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah).
Le suivi effectué par Hengaw montre qu’au cours des trois derniers jours, le nombre le plus élevé de soldats gouvernementaux tués a été enregistré dans ces quatre provinces, soit 400 personnes.
Près de 40 civils ont également été tués lors de ces attaques, la plupart ayant été recensées dans les villes d’Urmia, de Sanandaj et de Kermanshah.
Dans son précédent rapport, Hengaw affirmait que les services de sécurité refusaient de publier des statistiques précises sur les pertes militaires, notamment dans les villes du Kurdistan, et que, dans certains cas, ils avaient publié des chiffres bien inférieurs à la réalité. Hengaw insistait sur la nécessité de transparence quant à l’identification des victimes et sur l’importance de protéger la vie des civils dans les conflits armés, conformément aux conventions internationales.
Depuis le troisième jour de la guerre, l’accès à Internet en Iran est gravement et définitivement perturbé, et les canaux de communication sécurisés permettant aux citoyens iraniens d’accéder à l’information libre sont bloqués.
L’Organisation iranienne des droits humains, Hengaw appelle une fois de plus les organisations internationales à contraindre strictement les parties belligérantes à protéger la vie des civils en accordant une attention particulière aux victimes civiles, notamment au vu des politiques de dissimulation de la République islamique.