AccueilRéfugiésROJAVA. Les Kurdes déplacés d'Afrin exigent un retour en toute sécurité

ROJAVA. Les Kurdes déplacés d’Afrin exigent un retour en toute sécurité

SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes chassés d’Afrin par l’invasion turque de 2018 réfugiés à Karki Laki réclament un retour sûr dans leur ville natale, alors qu’ils sont privés d’un toit et d’une vie digne de ce nom depuis 8 ans déjà.

Des personnes déplacées d’Afrin ont témoigné de leurs souffrances dans des conditions humanitaires déplorables, après avoir été déplacées de force à plusieurs reprises en raison de la guerre et des attaques qui ont ravagé la région. Elles ont insisté sur une revendication principale : un retour en toute sécurité dans leur ville, à l’abri de la peur et des violations des droits humains.

Quatre vagues de déplacements… Des souffrances interminables

Latifa Sido, une femme déplacée, a déclaré avoir été déplacée à trois reprises au cours des dernières années, soulignant qu’à chaque fois, les souffrances de sa famille s’étaient aggravées et son sentiment d’instabilité s’était accru.

Elle a ajouté : « Nous voulons un retour sûr à Afrin avec nos forces, et les factions doivent partir. Nous ne pouvons pas rentrer sans de véritables garanties de protection. Nous voulons vivre en sécurité et dans la dignité dans notre ville. »

Pour sa part, Mohammed Mohammed a expliqué avoir lui aussi été déplacé à trois reprises. Il a précisé qu’une des vagues de déplacement avait été particulièrement éprouvante : ils avaient marché sur des routes froides et dangereuses, vu des cadavres en chemin et étaient accompagnés d’enfants.

Il a ajouté : « Nous avons craint pour nos enfants à chaque instant. Ils ont perdu des années d’éducation à cause des déplacements répétés, et la situation est très difficile. Nous ne pouvons pas rentrer tant que le retour n’est pas totalement sûr et garanti. »

Obstacles au retour

Par ailleurs, Shirin Mustafa a confirmé avoir été déplacée à quatre reprises. Elle a souligné que la présence continue de factions soutenues par l’occupation turque et les crimes commis contre les habitants d’origine d’Afrin constituent un obstacle majeur au retour des populations.

Elle a poursuivi en expliquant qu’ils ne pourront pas rentrer tant qu’il y aura des meurtres, des pillages et de la peur, ajoutant : « Si nous devons rentrer, ce doit être un retour sûr et digne, sans que les violations qui nous ont forcés à fuir ne se reproduisent. »

Les personnes déplacées insistent sur le fait que leurs souffrances actuelles ne prendront fin qu’avec un retour sûr et digne à Afrin, loin de la peur, des violations et du cycle des déplacements répétés. (ANHA)