SYRIE / ROJAVA – Saeed Ahmed Othman, âgé de soixante ans, qui a participé à la défense de la ville kurde de Kobanê contre l’EI/Daech en 2014, continue de cuire du pain pour la ville qui est assiégée par des gangs de Damas et de Turquie depuis cinq semaines. Il est l’incarnation de la résilience des habitants de Kobanê et leur détermination à vivre malgré tous les défis.

Plus de dix ans après la bataille de Kobané contre les mercenaires de l’État islamique, Saeed Ahmed Othman, aujourd’hui sexagénaire et témoin de ces jours décisifs, travaille toujours dans la plus grande boulangerie de la ville, incarnant ainsi l’un de ses symboles les plus inébranlables de ténacité. Othman, qui a participé à la défense de Kobané en 2014, n’a jamais cessé de faire du pain et de le distribuer aux civils et aux combattants, hommes et femmes, même pendant les heures les plus intenses du siège et des bombardements.

Othman explique que la boulangerie où il travaille produit actuellement environ 40 tonnes de pain par jour pour répondre aux besoins de la population. Il souligne que « l’esprit de résistance ne s’est pas éteint avec les combats ; il se renouvelle chaque jour dans la vie de Kobani ». Il ajoute : « Ce peuple comprend le sens de la résistance et ne se laissera pas abattre. Nous continuerons à œuvrer jusqu’à la victoire totale. »
Pendant l’assaut de Daech sur la ville, Othman a cuit et distribué du pain aux habitants comme aux combattants, convaincu que sa boulangerie n’était pas qu’un simple lieu de production alimentaire, mais un rempart moral symbolisant la persistance de la vie au milieu de la mort et de la destruction. Aujourd’hui, il poursuit son œuvre avec le même enthousiasme, réaffirmant que Kobani demeure un symbole de résilience et que la volonté de ses habitants est plus forte que toute épreuve.
Othman souligne que les habitants de Kobani, en coopération avec les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection des femmes (YPJ), ont réussi à repousser les attaques de l’EI. « Nous sommes un peuple résilient », affirme-t-il, « et nous continuerons à protéger notre ville malgré toutes les difficultés. »
Parallèlement, des factions affiliées au gouvernement intérimaire imposent un siège total à la ville de Kobani depuis le 20 janvier, provoquant de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de lait infantile, ainsi que des coupures d’électricité et d’eau. Des appels urgents ont été lancés pour ouvrir des couloirs humanitaires afin de prévenir une catastrophe humanitaire imminente.