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Abdi : Le succès de l’accord et une paix durable sont des priorités absolues

SYRIE / ROJAVA – Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, constate des progrès dans les plans d’intégration avec le gouvernement de transition syrien. Les institutions seront bientôt intégrées aux ministères de la Défense et de l’Intérieur, dans le respect des spécificités kurdes.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazlum Abdi, a réaffirmé que l’accord conclu le 29 janvier avec le gouvernement intérimaire autoproclamé de Damas constitue le cadre politique central de l’autonomie du Rojava. L’objectif demeure la pleine application de cet accord et la garantie d’une paix durable dans toute la Syrie. M. Abdi a tenu ces propos mardi lors d’une réunion du Conseil des anciens à Hassaké, en présence de représentants des tribus arabes et kurdes ainsi que d’autres groupes sociaux et politiques. La réunion s’est déroulée sous le thème de la protection commune de l’unité, de la stabilité et de la paix civile, et sous le slogan « Pas d’incitation à la haine, pas d’incitation à la violence ».

Retards dans la section militaire

Selon Abdi, ces derniers jours ont été marqués par d’intenses discussions avec les acteurs internationaux. L’objectif est la mise en œuvre de l’accord dans toutes les zones touchées, d’Afrin et Serêkaniyê à Kobanê et Hesekê. Des mesures concrètes de stabilisation ont déjà été entreprises ces dernières semaines, notamment concernant le cessez-le-feu. Ce dernier est respecté jusqu’à présent. Abdi a déclaré qu’ils « respecteraient l’accord et feraient tout leur possible pour maintenir la stabilité ». Il a toutefois reconnu certains retards sur le plan militaire. Un retrait anticipé des forces armées des deux camps des lignes de front avait été prévu, mais il a maintenant commencé. Concernant Kobanê, le commandant en chef des FDS a évoqué des points en suspens, notamment les négociations avec Damas pour lever le siège et redéployer les troupes syriennes dans leurs casernes.

Les combattants doivent conserver leur place dans la nouvelle structure.

Abdi a décrit l’intégration des institutions existantes comme étant au cœur de l’accord. Les structures administratives et sécuritaires mises en place depuis plus de douze ans dans le nord et l’est de la Syrie doivent être transférées aux nouvelles structures étatiques sans déplacement du personnel local. La réussite de cette intégration est cruciale pour le succès global de l’accord. Concernant l’armée, Abdi a également confirmé le projet d’intégrer les unités des FDS aux brigades du ministère de la Défense. Parallèlement, il a évoqué des questions d’organisation en suspens concernant le personnel ministériel. Il a également souligné que les combattants ayant lutté contre l’État islamique (EI) et contre les attaques turques doivent conserver leur place dans la nouvelle structure.

Des comités pour accélérer l’intégration

Concernant le secteur de la sécurité, Abdi a annoncé que les structures de sécurité locales mises en place depuis 2012 seraient maintenues sous l’égide du ministère syrien de l’Intérieur. Une commission de haut niveau a été créée pour accélérer ce processus. La mise en œuvre concrète devrait s’accélérer significativement dans les prochains jours. Abdi a également fait état d’une réunion élargie avec le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition syrien et le chef des services de renseignement syriens, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité. Les deux parties se sont entendues sur la création de comités de pilotage afin de promouvoir l’intégration au niveau provincial de Hassaké dans les meilleurs délais.

« La phase actuelle marque un nouveau départ. »

Abdi a mis en garde avec force contre la montée des discours de haine et les tentatives d’attiser les tensions ethniques et sectaires. La région de Cizîrê, par exemple, a toujours prospéré grâce à la coexistence ; l’incitation à la haine ne doit pas détruire cette unité. « Ni incitation à la haine, ni discours de haine, ni division » doit être la ligne directrice. Concernant la question kurde en Syrie, il a expliqué que l’accord stipule la préservation du caractère distinctif des zones à majorité kurde : une administration par la population locale au sein de la structure étatique globale, tout en garantissant la participation de toutes les composantes. Abdi a conclu : « La phase actuelle marque un nouveau départ, où il est essentiel de tirer les leçons des erreurs du passé. L’enjeu crucial est désormais de garantir la mise en œuvre de l’accord selon une feuille de route claire, de consolider la paix, de renforcer la cohésion et de prévenir toute tentative de division. » (ANF)