PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué suite à l’annonce d’un accord entre Damas et les FDS, le qualifiant d’« une avancée fragile qui impose vigilance et engagement international ».
Voici le communiqué du CDK-F :
« Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) prend acte de l’annonce officielle d’un cessez-le-feu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien, rendue publique le 30 janvier 2026 par le centre médiatique des FDS.
Selon cette déclaration, un accord global a été conclu prévoyant l’arrêt des combats, le retrait des forces militaires des lignes de contact, l’entrée des forces de sécurité relevant du ministère syrien de l’Intérieur dans les centres des villes de Hassaké et Qamishlo, ainsi qu’un processus progressif d’intégration militaire et administrative. L’accord inclut également l’intégration des institutions de l’administration autonome au sein des structures étatiques syriennes, le maintien des employés civils, la garantie du retour des personnes déplacées et la reconnaissance de droits civils et éducatifs pour le peuple kurde.
Le CDK-F espère que cet accord permettra de mettre fin au siège étouffant imposé au Rojava, d’éviter de nouvelles effusions de sang et d’ouvrir la voie à une stabilisation durable de la région.
Cet accord constitue une avancée politique significative, en ce qu’il reconnaît implicitement l’existence du peuple kurde en Syrie et la nécessité de traiter ses droits dans un cadre politique. Toutefois, cette avancée demeure fragile et ne saurait être considérée comme définitivement acquise.
Le CDK-F tient à saluer l’implication personnelle du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, ainsi que les efforts diplomatiques de la France et particulièrement la cellule diplomatique de l’Elysée, qui ont contribué à rendre possible cet accord et à éviter une escalade militaire aux conséquences humaines dramatiques.
La France a, une fois encore, démontré qu’elle pouvait jouer un rôle déterminant lorsqu’elle agit en cohérence avec ses principes et son histoire.
Pour autant, le CDK-F considère que cette implication ne doit pas s’arrêter à la conclusion de l’accord. La phase de mise en œuvre sera décisive. Nous appelons le Président de la République à suivre personnellement l’application concrète de cet accord, à veiller au respect de ses engagements et à œuvrer pour l’instauration de garanties politiques et internationales solides.
Le CDK-F insiste sur la nécessité d’une vigilance permanente, notamment concernant :
le respect effectif de l’identité, de la langue et des droits culturels du peuple kurde ;
la préservation des droits des femmes, pilier central du modèle politique construit au Rojava ;
la sécurité des populations civiles et la levée totale de toutes les formes de siège ;
la reconnaissance et la réparation des crimes de guerre commis par des factions djihadistes affiliées à Damas.
L’histoire récente de la Syrie impose la prudence. Trop souvent, des cessez-le-feu ont été utilisés pour consolider des rapports de force au détriment des peuples.
La paix ne pourra être durable que si elle repose sur la justice, l’égalité des droits et la reconnaissance politique pleine et entière du peuple kurde en Syrie.
Le Conseil démocratique kurde en France restera pleinement mobilisé et vigilant aux côtés du Rojava. »