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SYRIE. Comment des membres de l’EI deviennent de « simples civils » grâce aux médias pro-Jolani ?

SYRIE / ROJAVA – Après le départ des forces kurdes des régions de Raqqa et de Deir ez-Zor, Damas a libéré en masse les membres du groupe terroriste État Islamique (EI / DAECH /ISIS). Pour faire passer la pilule au reste du monde, les médias proches d’al-Sharaa (Jolani) rivalisent d’imagination pour faire passer ces terroristes notoires pour de « simples civils » injustement emprisonnés par les méchants Kurdes ! Voici un exemple donné par la journaliste Yaman Amouri qui montre la façon dont les médias arabes manipulent et diffusent délibérément un récit mensonger.

La chaîne qatarie Al Jazeera a diffusé une vidéo d’un jeune homme du camp d’al-Hol, dans laquelle il affirme être un « civil » syrien sans lien avec l’État islamique. Ce même jeune homme est apparu dans une autre vidéo sur la plateforme syrienne Sada+, où il se déclarait « médecin ».

Cependant, cette même personne était déjà apparue dans d’anciens enregistrements remontant au réseau al-Furat, en tant que membre des rangs de l’EI.

Il ne s’agit pas d’un cas de négligence dans la diffusion de l’information, mais bien d’une politique éditoriale délibérée adoptée par les médias arabophones. Le débat porte ici sur l’organe médiatique qatari, qui « soutient » l’autorité de transition. Cette dernière présente les résidents du camp d’al-Hol comme des « victimes », nie leur « extrémisme » et ancre un récit de leur « victimisation », dans le but de susciter une sympathie inconditionnelle à leur égard chez les Syriens et les Arabes. Cette démarche constitue une étape préparatoire à leur réintégration sans restriction au sein de leurs sociétés, comme si de rien n’était.

Il est à noter que, durant les années d’ascension de l’EI, Al Jazeera a systématiquement utilisé la désignation officielle de l’organisation, « État islamique en Irak et au Levant », et a souvent diffusé en exclusivité ses messages à l’international. Ceci relance une question ancienne, soulevée depuis l’émergence d’Al-Qaïda : le rôle du discours médiatique dans la reproduction de l’extrémisme, et non dans sa simple transmission.