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SYRIE. Elham Ahmad dénonce la désinformation médiatique et des crimes de guerre à Alep

SYRIE / ROJAVA – La dirigeante kurde syrienne, Elham Ahmad a dénoncé la désinformation médiatique et des crimes de guerre commis dans les quartiers kurdes d’Alep.

Elham Ahmad, coprésident du département des relations étrangères de l’administration autonome démocratique de la région du Nord et de l’Est de la Syrie, a lancé lundi un appel à une intervention immédiate des organisations internationales de défense des droits de l’homme pour enquêter sur les allégations de crimes de guerre et d’enlèvements de masse dans les quartiers d’Alep de Sheikh Maqsud et d’Achrafiyeh. 

Cet appel à une enquête internationale intervient alors que des groupes de surveillance font état de la détention de centaines de civils et de la disparition de femmes et d’enfants suite à l’entrée des forces d’opposition dans les districts.

Dans un communiqué publié le lundi 12 janvier 2026, Ahmad a qualifié les actions récemment menées contre la population kurde d’Alep de graves violations du droit international. 

Elle a notamment cité des rapports faisant état d’« enlèvements et d’exécutions de jeunes, de vols et de pillages de biens civils, ainsi que de mutilations de corps de victimes, combattants et civils ». Se fondant sur ces rapports, la responsable des relations étrangères a affirmé que « les crimes et violations commis contre les Kurdes dans les quartiers de Sheikh Maqsud et d’Achrafiyeh constituent des crimes de guerre ».

Ahmad a adressé son appel aux principales instances internationales, citant explicitement Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. Elle les a exhortées à « intervenir rapidement pour donner suite au dossier des personnes enlevées et ouvrir une enquête sur les événements survenus dans les deux quartiers ».

La responsable a souligné que la structure de gouvernance d’un État ne saurait justifier de tels agissements. « Limiter le port d’armes à l’État ne lui confère pas le droit de recourir à la violence et à l’intimidation contre la population et la société, ni de violer les normes et les droits humains », a-t-elle déclaré.

Au-delà des violences physiques, Ahmad a évoqué le rôle des médias dans l’exacerbation du conflit. Elle a appelé les organismes finançant certaines chaînes satellitaires arabes à revoir leur ligne éditoriale concernant la Syrie.

Elle a accusé ces médias de « distorsion et de déformation des faits » et d’inciter les Syriens les uns contre les autres en appelant au meurtre de certains groupes de population. 

Ahmad a exigé une enquête sur les reportages diffusés par ces chaînes, laissant entendre qu’elles étaient complices de l’exacerbation des tensions sectaires et ethniques.

L’urgence de l’appel d’Ahmad coïncide avec les données publiées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui ont documenté une détérioration de la situation sécuritaire des civils dans les quartiers contestés.

Selon l’Observatoire, les forces affiliées au « gouvernement intérimaire » ont détenu plus de 300 civils à Sheikh Maqsud depuis qu’elles ont pris le contrôle de la zone. 

L’OSDH a ​​signalé que ces détenus sont maintenus dans des « conditions sévères » et que leur dignité est systématiquement bafouée.

Le groupe de surveillance a fourni des détails concernant le comportement des groupes armés opérant dans la région. L’OSDH a ​​noté que des hommes armés affiliés au gouvernement intérimaire s’en prennent aux civils de manière très agressive, proférant des insultes racistes et graves à l’encontre des résidents kurdes, dans le but manifeste de les humilier.

Le rapport cite des extraits vidéo diffusés sur les réseaux sociaux qui montreraient des civils rassemblés contre un mur, leur sort ultérieur restant inconnu.

Alors que les campagnes d’arrestation se concentraient initialement sur les hommes après la prise de contrôle des quartiers, l’Observatoire a tiré la sonnette d’alarme concernant d’autres groupes démographiques.

D’après les informations recueillies dans la région, le sort de centaines de femmes et d’enfants demeure inconnu. L’OSDH a ​​indiqué que des dizaines de personnes sont actuellement portées disparues, ce qui engendre une grande peur et une profonde terreur au sein de leurs familles.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a critiqué la communauté internationale pour son manque de réaction face à ces événements.

Dans son rapport, l’organisation a souligné que ces actions ne devaient pas être considérées comme des incidents isolés d’indiscipline de la part de combattants individuels. L’OSDH a ​​plutôt qualifié ces événements de faisant partie d’un « plan délibéré visant à intimider les civils » et à provoquer une modification démographique dans les quartiers historiquement kurdes d’Alep. 

L’organisme de surveillance a critiqué les institutions internationales pour leur silence face à ce qu’il a qualifié de violations systématiques.

La convergence des déclarations de l’Administration autonome et des rapports des observateurs indépendants met en évidence une crise humanitaire qui s’aggrave.

La demande d’enquête d’Ahmad vise à faire la lumière sur le sort des disparus et à tenir les auteurs présumés des pillages, mutilations et enlèvements pour responsables.

Cependant, alors que les groupes armés continuent de consolider leur contrôle sur Sheikh Maqsud et Achrafiyeh, l’absence de surveillance internationale immédiate demeure une préoccupation majeure tant pour les autorités locales que pour les défenseurs des droits humains.