SYRIE / ROJAVA – La KCK accuse Damas et Ankara de perpétrer des attaques génocidaires contre les quartiers kurdes d’Alep. L’organisation exige la fin des violences et appelle la communauté internationale à intervenir.
L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a accusé le gouvernement intérimaire syrien et la Turquie, ainsi que des milices alliées, de perpétrer des attaques ciblées et génocidaires dans les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep. Dans un communiqué publié samedi, le comité de politique étrangère de l’organisation a dénoncé des « crimes de guerre flagrants contre la population kurde » et a appelé les Nations Unies et l’Union européenne à intervenir immédiatement.
Selon la KCK, les attaques visaient explicitement les civils, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées, ainsi que les infrastructures civiles telles que les hôpitaux. L’objectif est de forcer l’expulsion de la population kurde et de modifier durablement la structure démographique de la région. Le communiqué affirme : « Le gouvernement syrien, de concert avec les milices contrôlées par l’État turc et avec la participation active de la Turquie, commet un génocide contre les Kurdes, au vu et au su de tous. »
Si les acteurs internationaux n’interviennent pas, cela équivaut à une acceptation tacite d’un massacre.
La KCK critique également la communauté internationale, qu’il accuse de porter une part de responsabilité par son silence. « Si des acteurs internationaux tels que l’ONU et l’UE n’interviennent pas, ce silence équivaut à une approbation tacite d’un massacre », peut-on lire dans le communiqué. La KCK poursuit en affirmant que les attaques sont justifiées par l’accusation selon laquelle des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) seraient actifs à Alep. Il qualifie ces allégations de désinformation délibérée visant à « créer les conditions d’une violence militaire et à la légitimer par la propagande ».
L’organisation faîtière du mouvement de libération kurde cite nommément le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, et le ministre de la Défense, Yaşar Güler, les accusant de contribuer activement à l’escalade du conflit par le biais de « propagande mensongère ». Selon elle, cette politique vise également à saboter le dialogue de paix inter-kurde initié par Abdullah Öcalan et les efforts déployés pour trouver une solution démocratique à la question kurde.
« L’objectif doit être une Syrie démocratique, fédérale et pacifique »
Le KCK considère les violences actuelles comme la continuation des attaques perpétrées par le groupe terroriste « État islamique » (EI) contre les zones à majorité kurde d’Alep. Les attaques ciblées contre Cheikh Maqsoud et Shefiye « suivent la même stratégie que celle employée par l’EI : tuer, expulser, anéantir », indique le communiqué. Par conséquent, les événements actuels doivent également être interprétés comme une « violence djihadiste sous une forme nouvelle ».
L’organisation a salué la résistance continue de la population kurde d’Alep, la qualifiant de « lutte digne contre le nettoyage ethnique ». Elle a également souligné le soutien apporté par d’autres régions du Kurdistan, notamment Sinjar et Makhmur, ainsi que par la diaspora kurde en Europe. Le KCK a conclu en appelant à la solidarité internationale et en insistant sur le fait que le conflit en Syrie doit être une question de coexistence démocratique entre tous les groupes de population, et non d’hostilité. « L’objectif doit être une nouvelle Syrie – démocratique, fédérale et pacifique », conclut le communiqué. (ANF)