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Commémorations des martyrs kurdes de Paris

PARIS – La communauté kurde a commémoré les militantes kurdes Sakine Cansız (Sara), l’une des fondatrices du PKK, Fidan Doğan (Rojbin), représentante du Congrès national du Kurdistan (KNK) à Paris, et Leyla Şaylemez (Ronahî), membre du mouvement de jeunesse, devant le Bureau d’information du Kurdistan (147, rue La Fayette) où elles ont été assassinées il y a 13 ans jour pour jour.

Lors de la commémoration organisée conjointement par le Mouvement des femmes kurdes de France et le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), la demande de justice, restée sans réponse depuis des années, a été réitérée avec force. La commémoration s’est tenue devant le Bureau d’information du Kurdistan, lieu du massacre.

Prenant la parole au nom du Mouvement des femmes kurdes en Europe (Tevgera Jinên Kurd a li Ewropayê – TJK-E) lors de la commémoration, Dilan Dirayet Taşdemir a commencé son discours en évoquant ceux qui ont perdu la vie lors du massacre de Paris en 2013 et lors des attaques contre le peuple kurde au cours des années suivantes. 

Dilan Dirayet Taşdemir a souligné que ce massacre n’était pas un incident isolé, affirmant que les politiques d’anéantissement et de négationnisme à l’encontre du peuple kurde, menées depuis des décennies, ont désormais atteint le cœur de l’Europe.

Dilan Dirayet Taşdemir a inclus les mots suivants dans son discours :

« Une fois encore, en ce 13e anniversaire du massacre, nous crions : justice doit être faite. Cet appel n’est pas nouveau ; cette revendication est le cri de ralliement de milliers de Kurdes assassinés, victimes de crimes restés impunis depuis les années 1990. Nous reconnaissons ces attaques. Hier, c’était à Paris, c’était à Kobanê ; aujourd’hui, cela continue au Rojava, avec la même mentalité. Le but est de soumettre les Kurdes, de les faire renoncer à la lutte. »

Évoquant la résistance historique du peuple kurde, Dilan Dirayet Taşdemir a déclaré que la lutte pour la libération des femmes avait été incarnée par Sakine Cansız, et a ajouté ce qui suit :

« Cependant, les Kurdes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a cent ans. La ligne de résistance de Sakine Cansız est une ligne de liberté qui s’étend des prisons à Paris, et de là jusqu’au Rojava. Aujourd’hui, les femmes kurdes mènent une lutte pour la justice, la paix et la liberté, non seulement pour leur peuple, mais pour tous les peuples. Cette lutte ne saurait être arrêtée par des assassinats ou des politiques d’impunité. »

Dilan Dirayet Taşdemir, saluant la résistance des Kurdes au Rojhilat et au Rojava, a souligné la continuité de la lutte pour la justice et a appelé à une forte participation à la marche qui se tiendra le 10 janvier.

Alexandre Cordebard, maire du 10e arrondissement de Paris, a également déclaré dans son discours qu’il était inacceptable que cet assassinat politique commis au cœur de la France reste impuni. 

Alexandre Cordebard a déclaré : « Notre solidarité avec le peuple kurde demeure intacte. La politique d’impunité est incompatible avec la démocratie. L’absence de justice ouvre la voie à de nouveaux crimes. »

S’exprimant au nom du Parti communiste, Elie Joussellin, 10e conseiller municipal de Paris, a clairement souligné le lien entre le passé et le présent, déclarant : « Si les auteurs et les complices de ce massacre avaient été traduits en justice il y a 13 ans, le second massacre de Paris n’aurait pas eu lieu. Retarder la justice, c’est perpétuer le crime. »

Geneviève Garrigos, conseillère municipale de Paris, a souligné que la lutte du peuple kurde est une lutte pour la justice universelle, déclarant : « Nous soutenons les revendications justes et légitimes du peuple kurde. Il ne s’agit pas seulement d’une question qui concerne les Kurdes, mais tous ceux qui croient aux droits de l’homme. »

La commémoration a réuni le MRAP, l’Association France – Kurdistan, le SKB, de nombreuses organisations de masse démocratiques kurdes et françaises, ainsi que des représentants municipaux. 

Lors d’une cérémonie organisée devant le Centre d’information sur le Kurdistan au 147 rue La Fayette, à la date et à l’heure exactes du massacre, les proches des victimes et les représentants des organisations ont délivré un message commun : « Justice ».

Au cours des discours, un appel a été lancé à participer à la grande marche prévue le samedi 10 janvier, et le message « Nous sommes dans la rue pour exiger des comptes » a été mis en avant. 

La commémoration s’est terminée par les slogans « Jin, jiyan, azadî » (Femmes, vie, liberté), symbolisant l’héritage de Sakine Cansız et la résistance des femmes kurdes. (ANF)