SYRIE / ROJAVA – L’organisation faîtière kurde, Kongra Star d’Alep a annoncé sa solidarité avec les manifestations populaires en Iran et au Kurdistan oriental, et a affirmé que le slogan « Jin, Jiyan, Azadi (femme, vie, liberté) » est devenu un appel mondial contre la tyrannie, appelant à l’unité et renforçant la solidarité transfrontalière des femmes pour lutter contre l’oppression et défendre leurs droits.

Le bureau des relations publiques du Kongra Star a organisé une conférence de presse concernant les manifestations populaires qui se déroulent en Iran et au Kurdistan oriental depuis le 28 décembre 2025.
La déclaration a été lue par Hevin Musa, membre du bureau, dans le quartier d’Achrafieh à Alep, en présence de dizaines de membres de Kongra Star et de représentantes de divers mouvements féministes.
La déclaration commençait par souligner que les régimes autoritaires et dictatoriaux ont historiquement constitué un obstacle majeur au développement de la société en raison de leur recours au pouvoir absolu et à la suppression des libertés individuelles et collectives, ce qui a entraîné l’étouffement de la créativité, l’affaiblissement de la participation politique et la marginalisation des groupes les plus vulnérables, notamment les femmes.
Le communiqué soulignait que ces régimes partagent des outils d’oppression similaires, citant le régime iranien comme un exemple flagrant d’imposition de lois et de restrictions injustes aux femmes, telles que le port obligatoire du hijab et la restriction des droits civils et politiques, transformant ainsi le corps et la vie des femmes en arènes de contrôle.
Le communiqué souligne que ce type de gouvernance rend la résistance des femmes et des peuples essentielle à la préservation de la dignité humaine et du droit à la liberté.
Dans ce contexte, la déclaration rappelait le soulèvement de 2022 en Iran et au Kurdistan oriental, durant lequel le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (Femmes, Vie, Liberté) avait été scandé. Elle soulignait que les femmes étaient au cœur et à l’âme de cette révolution, ouvrant la voie et affrontant la répression avec conscience et détermination.
La déclaration a clairement indiqué que ce rôle faisait des femmes une cible directe du régime iranien, qui a eu recours à des arrestations massives, à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme politique, à la diffamation médiatique et à des assassinats ciblés pour tenter de briser leur volonté et de les faire taire.
Le communiqué mentionnait que parmi les victimes de cette répression figurait la jeune femme Sajer Etemadi, décédée des suites de ses blessures après avoir été touchée par des tirs des forces du régime alors qu’elle participait à des manifestations à Farsan. Il affirmait que sa mort n’était pas un cas isolé, mais plutôt une illustration tragique du lourd tribut que les femmes iraniennes paient quotidiennement pour la liberté.
La déclaration affirme que le ciblage des femmes en Iran s’inscrit dans un schéma récurrent chez les régimes autoritaires qui gouvernent les peuples par la force, et que la lutte des femmes iraniennes est liée aux luttes des femmes en Syrie et dans le monde entier.
En conclusion, les femmes ont exprimé leur entière solidarité avec les femmes iraniennes et avec toutes les femmes victimes d’oppression et de discrimination sous les régimes autoritaires, soulignant que le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » est devenu un appel mondial contre la tyrannie, rappelant à tous que la liberté des peuples commence par la liberté des femmes.
La déclaration appelait également les femmes d’Iran, de Syrie et du monde entier à intensifier leur lutte et à la transformer en une force collective capable de lutter contre l’oppression, de défendre les droits et d’instaurer la justice et l’égalité dans les sociétés souffrant de tyrannie et de discrimination. (ANHA)