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IRAN. Au moins 4 femmes exécutées en mars 2025

IRAN / ROJHILAT – En mars 2025, les mollahs iraniens ont exécuté au moins 4 femmes et ont détenu 17 activistes femmes, dont 9 Kurdes, durant la même période qui a connu par ailleurs au moins 8 féminicides.

Selon les données recueillies par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, au moins 17 femmes militantes ont été arrêtées et 6 autres ont été condamnées à la prison par la justice iranienne en mars 2025. Au cours de la même période, au moins 8 féminicides et 4 exécutions de femmes ont été signalés dans diverses villes d’Iran.

Exécutions de femmes en Iran

En mars 2025, au moins quatre femmes ont été exécutées dans différentes prisons iraniennes. Trois d’entre elles ont été reconnues coupables de meurtre avec préméditation et une d’infractions liées à la drogue.

Leurs noms sont les suivants :
    1. Asieh Ghavicheshm, de Mashhad, a été exécuté à la prison centrale de Mashhad pour des accusations liées à la drogue.
    2. Nasrin Barani, d’Ispahan, a été exécutée à la prison centrale d’Ispahan pour meurtre.
    3. Mozhgan Azarpisheh, d’Urmia, a été exécuté à la prison centrale d’Urmia pour meurtre.
    4. Kosar Baghernejad, de Bonab, a été exécuté à la prison centrale d’Urmia pour meurtre.

17 femmes arrêtées en mars 2025

Au moins 17 militantes ont été arrêtées par les forces de sécurité en mars 2025. Ce chiffre représente 13,5 % de toutes les arrestations recensées ce mois-là. Il est à noter que 9 des 17 femmes détenues (53 %) étaient des militantes kurdes.

Les noms des femmes arrêtées sont:

Sanandaj :
    1. Leila Pashaei (de Saqqez)
    2. Baran Saeidi
    3. Soma Mohammadzadeh
    4. Shno Mohammadi

Téhéran :
5. Sedigheh Noorbala
6. Fatemeh Atashi Khiavi (d’Ardabil)
7. Marziyeh Ghafari Zadeh
8. Leila Qolikhani Ganjeh

Ourmia :
9. Rojbin Afsoon
10. Avin Ahmadi
11. Sarya Ahmadi

Tabriz :
12. Sima Alipour

Dehdasht :
13. Mehregan Namavar

Dehgolan :
14. Soheila Motaei

Rasht :
15. Nina Golestani

Sardasht :
16. Arezoo Jalilzadeh

Semnan :
17. Anisa Fanaeian

Peines de prison prononcées contre des femmes militantes

Hengaw a confirmé que six femmes militantes ont été condamnées à la prison en mars 2025.

Les femmes condamnées sont:
    1. Narges Nasri (Téhéran) – 10 ans de prison
    2. Fereshteh Souri (Nahavand) – 1 an de prison
    3. Mandana Sadeghi (Abadan) – 4 ans, 2 mois et 7 jours de prison 
    4. Farzaneh Yahyaabadi (Abadan) – 3 mois et 1 jour de prison
    5. Hamideh Zarei (Rasht) – 1 an, 6 mois de prison 
    6. Kobra Taherkhani (Qazvin) – 3 ans de prison

L’arrestation et la condamnation des femmes constituent une pratique discriminatoire courante en République islamique d’Iran. Durant le mouvement Jin, Jiyan, Azadi (Femme, Vie, Liberté), la pression sur les militantes s’est considérablement intensifiée. Depuis sa création, la République islamique d’Iran a mené une politique systématique de restriction du militantisme social, politique et des droits humains des femmes. Ces restrictions sont renforcées par les lois ségrégationnistes et la criminalisation des identités LGBTQ+, pierres angulaires du système d’apartheid de genre iranien.

Huit cas de féminicides enregistrés en mars 2025

Hengaw a recensé au moins huit féminicides en mars 2025 dans plusieurs villes iraniennes. Dans tous les cas, les femmes ont été assassinées par des proches, notamment leur conjoint et des hommes de leur famille.

Selon le rapport, trois femmes ont été tuées par leurs maris, tandis que les cinq autres ont été assassinées par un fiancé, un fils, un frère et un oncle par alliance.

Au moins cinq de ces meurtres étaient dus à des conflits familiaux. Deux femmes ont été tuées après avoir refusé des demandes en mariage, et une femme a été assassinée pour des raisons non précisées.

Répartition par province :
    • Province d’Ispahan : 3 cas
    • Alborz, Azerbaïdjan occidental (Ourmia), Téhéran, Khouzistan, Sistan-et-Balouchistan : 1 cas chacun

Les féminicides représentent la forme la plus extrême de misogynie dans la société. Les « crimes d’honneur » ne sont qu’une partie de ces meurtres. Fondamentalement, les féminicides sont ancrés dans des structures et des lois patriarcales et anti-femmes. Selon les données de Hengaw, 191 féminicides ont été recensés en Iran en 2024, la majorité commise par des hommes proches. La misogynie institutionnalisée, tant dans la loi que dans la culture, normalise cette violence profondément ancrée contre les femmes.

L’ONG Hengaw classe la République islamique d’Iran comme un État d’apartheid de genre, un système où le meurtre et la persécution systématiques des femmes sont parfois codifiés par la loi. La communauté internationale doit reconnaître l’apartheid de genre comme un crime contre l’humanité et l’intégrer dans les cadres juridiques internationaux. Elle doit également classer la République islamique d’Iran comme un système d’apartheid de genre et la tenir responsable, au regard du droit international, de ses lois anti-femmes et de son oppression systématique des femmes.